Un fonds américain lorgne les «atocas» du Québec
Argent
La firme d’investissement John Hancock située à Boston a vraisemblablement un œil sur les «atocas» du cœur-du-Québec. Le groupe vient d’acheter Canneberges Bécancour située à Saint-Louis-de-Blanford, a appris Argent.
La nouvelle a été confirmée par l’entreprise québécoise aujourd’hui. Cette acquisition ne devrait pas changer la donne pour la quinzaine d’employés alors que le groupe bostonien fera une gestion «à distance» et n’aura pas les mains dans les opérations quotidiennes.
Les dirigeants de l’entreprise étaient d’ailleurs avec le groupe Hancock Agriculture aujourd’hui en vue de s'entendre sur des détails de la vente. Le montant de la transaction est évalué à 20 millions $. Le groupe John Hancock est une filiale de l'assureur Manuvie.
Canneberges Bécancour qui a été fondée en 1996 est le cinquième producteur de canneberges au Québec. La production de ce petit fruit est concentrée dans la grande région de Victoriaville dans le cœur du Québec.
L'arrivée de John Hancock va permettre à l'entreprise de s'agrandir.
«Cela va nous permettre de faire des acquisitions supplémentaires et d'avoir une croissance plus importante», a indiqué de Boston un des fondateurs Luc Decubber.
Dans l’entente prévue, John Hancock met la main sur les 450 hectares des terrains de Canneberges Bécancour. Il s’agit de la première acquisition du groupe dans le secteur agricole au Québec.
Ce n’est pas la première fois que John Hancock investi dans la canneberge. Le groupe avait mis la main sur Northland Cranberries et est le plus important gestionnaire de d’entreprises productrices de canneberges un peu partout dans le monde.
John Hancock Agriculture est également le quatrième actionnaire mondial dans ce secteur.
Le Québec en mène large dans le secteur de la canneberges alors qu'il est troisième producteur mondial. La production du petit fruit dépasse maintenant celle des bleuets.
Selon une étude de Knight Frank LLP relayée par le quotidien Globe and Mail ce matin, les agriculteurs canadiens doivent s’attendre à voir les investisseurs internationaux lorgner leur production dans les prochaines années.
Les firmes étrangères sont notamment intéressées par le faible coût d’acquisition des productions canadiennes.
Toujours selon la firme, il en coûte en moyenne 1 725 $ pour un hectare de terres au Canada alors que ce prix peut atteindre 17 100 $ en Angleterre et 3 450 $ en Australie.
Une situation qui pourrait toutefois changer avec cet intérêt grandissant des groupes internationaux.


