Le mardi 9 février 2010

Régime minceur pour La Presse

11 août 2009 | 10h09
ARGENT

En vidéo, écoutez l'expert des médias Claude Thibodeau

Olivier Bourque
Argent

Après avoir éliminé l’édition du dimanche, le quotidien montréalais La Presse vient de couper un pouce en largeur à son édition papier conservant toutefois la même hauteur.

 

C’est ce matin que les lecteurs de La Presse ont pu constater ces nouveaux changements. Dans un message aux lecteurs, l’éditeur adjoint du quotidien, Philippe Cantin, a indiqué qu’il s’agit «d’une mesure de contrôle des coûts».

L’éditeur adjoint souligne que l’opération a permis au quotidien «de rafraîchir la maquette et de rendre sa lecture plus facile et agréable».

Cette réduction fait en sorte que le format papier de La Presse rejoint la largeur de son concurrent Le Journal de Montréal qui est de format tabloïd.

Il s’agit donc d’un autre élément de la vaste restructuration que La Presse a entreprise lors des derniers mois. Lors d’une réunion avec le personnel en juillet dernier, l’éditeur Guy Crevier avait annoncé que La Presse allait stopper son édition du dimanche faisant face à des difficultés financières persistantes.

Il avait alors chiffré les pertes alors que le déficit de La Presse pourrait atteindre 24 millions $ pour 2009. M. Crevier avait souligné que le déficit de la caisse de retraite touchait les 113 millions $.

L’éditeur avait également fait appel aux employés leur demandant de revoir leurs conditions de salaire à la baisse en vue d’effectuer des économies annuelles de 13 millions $.

Il y a quelques jours, le magazine économique en ligne Les Affaires rapportait que les revenus de La Presse avaient chuté de 23 % en juillet dernier par rapport au mois équivalent un an plus tôt.

Selon le commentateur Claude Thibodeau qui a déjà été éditeur du Soleil avant le changement vers son nouveau format, le fait que La Presse change de dimension envoie un signal assez clair.

«Vous savez, La Presse a longtemps résisté aux tendances lourdes du marché. Pour la famille Desmarais, un journal est beaucoup plus un véhicule philosophique qu’une simple entreprise. Le fait que le format change est un signal que cela ne va pas très bien», a-t-il indiqué en entrevue avec Argent.

Selon M. Thibodeau, cette décision est un premier pas vers un changement vers le format compact qui se différencie toutefois du format tabloïd. Par exemple, Le Soleil est de format compact.

Mais des changements de dimension amènent bien souvent des interrogations.

«On ne sait pas grand-chose quand on change de format. Mais il y a une chose que l’on sait, c’est que les revenus publicitaires peuvent baisser car l’annonceur va payer moins cher», affirme M. Thibodeau.

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