Le vendredi 10 février 2012

Qui est Jeffrey K. Boro ?

28 juillet 2009 | 16h54
Mise à jour: 29 juillet 2009 | 08h01
 
Olivier Bourque
Argent

Au bout du fil, Me Robert La Haye est sans équivoque. Jeffrey K. Boro, avocat du supposé conseiller financier Earl Jones, est «un homme posé, de peu de mots». Les deux hommes se connaissent bien alors qu’ils ont fréquenté les bancs d'école en même temps.

 

Ils ont même obtenu leur barreau à la même période : Boro en 1969, La Haye en 1970. L’époque est celle de la fin des années 60. Le Québec est en mutation, les structures sociales se construisent… Et les deux avocats travaillent tout d’abord à l’assistance juridique. Après près de quatre décennies de pratique, Me La Haye ne tarit pas d’éloges pour le criminaliste.

«C’est un homme qui ne fait ‘pas de train’. C’est un homme de gros bon sens qui connaît très bien son droit. Tu es mieux d’être préparé car lui il le sera. C’est un travailleur», assure Me La Haye.

Selon lui, l’avocat criminaliste qui a une carrière de 39 ans est «raisonnable» et s’est construit au fil du temps une très «grande crédibilité». Loin de l’exubérance, Me Boro est toutefois conscient du pouvoir qu’il détient.

Pour exemple, une entrevue avec TVA présentée hier. Lors de celle-ci, Me Boro a indiqué qu’il avait convaincu la Sûreté du Québec de ne pas chercher Earl Jones et que celui-ci allait se rendre en temps et lieu. Chose promise, chose due. Mais l’aveu est toutefois intéressant : impossible de ne pas voir en lui le chef d’orchestre de la livraison de Jones à la police sous ses propres modalités comme s’il avait tiré toutes les ficelles.

«Ce n’est pas tous les avocats qui ont la confiance de la police», ajoutera-t-il avec un petit sourire.

Président pour le Québec du Congrès juif

Avant d’ouvrir son cabinet Boro, Polnicky, Lighter en 1998, le criminaliste s’était associé avec Richard E. Shadley. Depuis lors, il s’est spécialisé dans le criminel notamment dans des dossiers de fraudes ou des crimes contre la personne.

En tant que président pour le Québec du Congrès juif canadien, Me Boro n’a pas eu peur de prendre la parole sur des questions délicates.

Ainsi, il a été de certaines tribunes lors des débats entourant les accommodements raisonnables défendant bien souvent une position modérée.

Lorsque les médias avaient dévoilé que des juifs hassidiques demandaient de passer leurs examens de la SAAQ avec seulement des professeurs masculins, Me Boro n’avait pas manqué de souligner que cette pratique violait le principe d’égalité entre les hommes et les femmes.

Dans les dernières années, Me Boro a déjà eu à faire face au tourbillon médiatique lors d’autres causes célèbres.

Dernièrement, il avait défendu Vincent Raphaël Duval, ce pédophile belge de 32 ans qui avait séduit une adolescente montréalaise pour avoir des relations sexuelles.

Mais selon les dires de son assistant David Bitton qui accompagne Me Boro depuis une quinzaine d’années, la cause Jones est la plus médiatisée des dernières années.

Selon lui, Me Boro s’est forgée une bonne réputation. «C’est un homme de confiance», assure-t-il. Des qualités qui risquent d’être plus que nécessaires lors des prochaines semaines.

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