Le samedi 7 novembre 2009

Luc Bertrand : «Montréal est bien positionnée»

29 juin 2009 | 12h30
ARGENT
Olivier Bourque
Argent

Luc Bertrand sera PDG de la Bourse de Montréal jusqu’à demain. Mais il quitte le cœur léger. Selon lui, son institution est maintenant mieux positionnée pour faire face aux prochaines crises.

 

À quelques heures de son départ du quatrième étage de la Tour de la Bourse, il est calme et confiant. Il affirme que les choix qui ont été faits à la Bourse de Montréal – notamment ceux liés au développement technologique de l’institution – vont être profitables dans le futur.

«La Bourse est bien positionnée pour prendre avantage de la crise du crédit actuelle car elle a fait des bons choix avec sa technologie», affirme le principal intéressé.

Pour comprendre la situation, il faut reculer à l’année 2003. La Bourse de Montréal voit le nombre de données exploser de manière exponentielle. Elle a décidé d’agir et d’investir.

«Nous avons été une des premières Bourses à décider de bâtir sa propre technologie. On a tout rapatrié à l’interne, on voulait contrôler tout ce secteur», indique M. Bertrand.

Résultat aujourd’hui : la Boston Options Exchange, la London Stock Exchange ou la Bourse des produits dérivés d’Oslo utilisent la technologie développée par la Bourse de Montréal.

Pour Luc Bertrand, il s’agit d’ailleurs de son meilleur coup durant les neuf années de son règne à la tête de l’institution.

Cela ne l’empêche toutefois d’espérer une plus grande collaboration entre la communauté montréalaise dans l’avenir.

«La communauté doit supporter l’institution. Il y a déjà des efforts investis, mais on pourrait faire mieux», assure-t-il.

Puis dans un élan, Luc Bertrand s’enflamme soudainement – la seule fois durant l’entrevue.

«Nos universités devraient assurer le développement des étudiants qui ont une bonne compréhension des produits dérivés. Nos institutions financières devraient transiger davantage avec la Bourse de Montréal. Ça prend de l’appui de notre communauté», assure-t-il.

«Montréal peut continuer d’être le centre d’expertise des produits dérivés !», poursuit-il.

Pour son avenir à lui, Luc Bertrand est plus timide. Des projets avec la famille, du golf, du repos… Mais une chose est sûr, il ne se lancera pas en politique.

«J’ai une grande admiration, de respect pour les individus qui prennent cet engagement, moi j’espère de pouvoir offrir mes services comme conseiller mais dans la politique active, je doute que ce soit ma force», affirme-t-il.

Un retour dans les milieux financiers semble plus probable. Mais pas pour l’instant.

«La conjoncture actuelle créée des opportunités… j’imagine que je vais rester en finance, mais on ne sait jamais», conclut-il.

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