Le mercredi 16 mai 2012

Les secrets d'une succession d'entreprise ordonnée

25 août 2011 | 15h43
 

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Michel Munger
Argent

Un PDG comme Steve Jobs peut être irremplaçable. Par contre, n'importe quelle entreprise peut assurer sa survie à long terme si elle prend le temps de planifier sa succession.

Tim Cook et Steve Jobs, le dauphin et le fondateur Photo : Reuters

Les experts contactés par Argent sont unanimes pour dire que les entrepreneurs doivent se donner du temps pour former leur relève.

La transition doit durer de trois à cinq ans, avance Alain Aubut, président de la Fondation de l'entrepreneurship.

«Le fondateur doit effectuer un retrait progressif de l'exploitation, explique ce spécialiste. Il accompagne son successeur sous forme de mentorat. Ça donne une transition avec les fournisseurs et les clients, permettant au nouveau patron de gagner en proximité avec eux.»

«Côtoyer une personne d'expérience comme mon père a fait du bien», témoigne Marc Dutil, PDG du Groupe Canam et initiateur de l'École d'entrepreneurship de la Beauce.

«Quand on branche un successeur aux réseaux d'affaires, ajoute M. Dutil, on leur fait rencontrer des partenaires financiers et on leur donne l'initiative dans certains dossiers. Lorsque le passage à la direction survient, la transition se déroule mieux. Si les clients et partenaires ne connaissent pas le nouveau patron, c'est plus difficile.»

Claude McMaster, président du fabricant de sièges de cinéma D-Box, affirme qu'il faut tenir compte des personnalités de chacun en planifiant la succession. «Chez nous, le profil recherché est déjà identifié pour tous les postes de direction, au cas où il faudrait les combler.»

Dans le cas d'Apple, par exemple, le gestionnaire chevronné Tim Cook sera encadré par Steve Jobs, reconnu avant tout pour sa vision.

Un travail négligé

Trop peu d'entreprises sont prévoyantes, déplore Jean Raymond, président de la firme Raymond recherche de cadres, «On en parle beaucoup et on reporte également beaucoup. On attend trop longtemps. Chaque gestionnaire devrait avoir comme priorité de planifier sa relève.»

Marc Dutil souligne pourtant les avantages d'une succession préparée d'avance. «Ça enlève de l'incertitude pour l'ensemble de l'organisation, pour ses clients, pour ses fournisseurs et ses partenaires financiers. Ça diminue les jeux politiques.»

M. Dutil favorise l'embauche et la formation à l'interne. D'autres intervenants aiment bien chasser quelques têtes.

«Il faut parfois se faire défier par quelqu'un de l'extérieur qui comprend les nouvelles tendances, estime Jean Raymond. C'est toujours sain de les mettre en concurrence.»

michel.munger@tva.ca

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