Le vendredi 10 février 2012

Une crise financière ferait tomber 7 banques en Europe

23 juillet 2010 | 11h24
Mise à jour: 23 juillet 2010 | 14h42
 

Michel Munger
Argent

Un test de résistance effectué sur 91 banques européennees vient de démontrer que sept d'entre elles ne pourraient pas supporter une nouvelle crise financière.

Atebank, en Grèce, fait partie des institutions financières qui ne seraient pas assez solides. Photo: Reuters

C'est le Comité européen des contrôleurs bancaires (CEBS) qui vient de signaler qu'une répétition d'événements catastrophiques pour les institutions financières ferait des victimes. Communément, les gens appellent cela un stress test en anglais.

Le CEBS a simulé des scénarios reposant sur une rechute économique sévere sans reprise immédiate. On parle d'une récession qui fait tomber le produit intérieur brut européen de 0,2% cette année et de 0,6% l'an prochain.

On prenait aussi pour acquis un «choc» causé par l'endettement des pays et un autre choc lié à la hausse des taux d'intérêt.

Afin de démontrer leur solidité, les banques devraient maintenir un ratio de capital de première catégorie d'au moins 6% dans la pire des situations. Le seuil minimal présentement imposé par la loi en Europe est de 4%.

Résultat: cinq banques espagnoles ont échoué, soit Civica, Cajasur, Unnim, Espiga et Diada.

En Allemagne, Hypo Real Estate ne résistait pas. En Grèce, c'est Atebank qui n'y arrivait pas.

Ensemble, les sept banques seraient à court de 4,5 G$ US.

Que feront les banques à risque ? Elles pourront être appelées à renforcer leur situation financière, peut-être en faisant appel aux marchés.

C'est en tout cas ce que suggère le CEBS dans son communiqué.

«Pour les institutions qui ont connu un échec à ce test de stresse, les autorités nationales sont en communication étroite pour juger des résultats et leurs implication, en particulier pour le besoin de recapitalisation.»

«Nous soutenons, ajoute le document, la transparence de cet exercice étant donné les conditions précises de marché avec lesquelles ces banques composent.»

Au total, les 91 banques mises à l'épreuve représentent 65% des actifs financiers en Europe. Le CEBS indique dans son rapport que si sept banques devaient apporter des correctifs, le système financier dans son ensemble lui semblait solide.

Des critiques

Certains analystes doutent de la crédibilité de l'exercice en matière d'endettement des pays. Ils estiment que les pertes ont été calculées seulement sur les obligations échangées, et non sur celles que l'on garde jusqu'à ce qu'elles soient remboursées.

C'est la critique formulée par Brian Dolan, chef stratège du site de courtage en devises Forex.com. Il croit que les tests effectués auraient pu être plus sévères. «Il y a un manque de crédibilité», dénonce-t-il.

Avec Reuters

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