Encore les JO dans un pays du BRIC
Argent
C’était Beijing en 2008. Sotchi en 2014 et maintenant Rio en 2016. À quand Mumbaï ou New Delhi ?
Il s’agit maintenant d’une évidence : les pays du BRIC ratisse large dans le flux des échanges commerciaux mondiaux, mais ils ont aussi une influence qui est manifeste dans les grandes institutions mondiales au FMI comme au CIO.
C’est ainsi que Rio est entré dans l’histoire des Jeux Olympiques aujourd’hui à Copenhague en obtenant la présentation du plus grand spectacle sportif de la planète.
Impossible de ne pas voir dans cette annonce les liens qui unissent maintenant la Chine et le Brésil. L’obtention des JO à Beijing avait marqué la spectaculaire entrée du dragon chinois dans le giron des puissances mondiales. Pour Rio et le Brésil, l’effet est semblable et montre surtout l’influence qu’exerce le plus grand pays d’Amérique du Sud.
L’annonce a d’ailleurs été faite à Copenhague devant le président brésilien Lula da Silva qui s’était déplacé mesurant la grandeur de l’événement. Et il n’a pas été déçu surtout que Rio faisait figure de favorite depuis plusieurs mois.
Selon Aldo Girardi, conseiller chez DSE Solutions, qui est lui-même installé en Amérique du Sud, cette annonce place le Brésil comme le meneur régional.
«Tout le monde croit maintenant au potentiel de développement énorme du Brésil. Le pays est maintenant le leader incontesté de cette région du monde», a-t-il affirmé en entrevue avec Argent.
Selon lui, les JO vont permettre à Rio d’améliorer ses infrastructures, son réseau routier mais aussi son développement social. La mégapole surplombée par le Christ Rédempteur fait également face à des problèmes de criminalité et de pauvreté. Selon M. Girardi, l’événement donnera le prétexte d’une mise en chantier qui poussera le Brésil encore plus à l’avant.
Les dirigeants brésiliens ont déjà fait valoir avec succès que le budget prévu de 14 milliards de dollars servira d'abord à améliorer la vie quotidienne des habitants, dont deux millions vivent dans les favelas.
Mais cette victoire de Rio est également celle du premier président ouvrier du Brésil Lula da Silva.
Son arrivée au pouvoir, en 2002, a coïncidé avec le début d'un boom économique qui a fait en sorte de sortir plusieurs de ses concitoyens de la misère et la pauvreté.
Selon les derniers chiffres du pays, la crise n’a pas affecté très longtemps l’économie brésilienne qui s’est sortie avec brio et rapidité de la profonde récession mondiale.
«La crise financière nous a touchés en dernier et nous en sommes sortis les premiers», a déclaré Lula cette semaine à Copenhague devant le Comité international olympique.

