Washington interpelle Twitter pour l’Iran
Argent
Le département d’État américain a demandé au site de socialisation Twitter de retarder une opération de maintenance afin que les internautes iraniens puissent continuer à exprimer en ligne leur opposition au régime.
Le gouvernement iranien, dont la réélection contestée de vendredi a soulevé des protestations d’envergure au pays, avait fait fermer Facebook, les web sites de plusieurs journaux, et limité l’envoi de messages textes par téléphone.
« L'un des moyens qui ont permis aux gens de communiquer a été Twitter », a expliqué sous couvert de l’anonymat un responsable du département d’État. « Ils ont annoncé qu'ils allaient suspendre leur système pour une opération de maintenance et nous leur avons demandé de ne pas le faire ».
Un responsable de la Maison-Blanche a indiqué que la directive ne venait pas de la secrétaire d’État, mais a confirmé que le département d’État avait contacté des administrateurs du site Twitter au cours du week-end. Il a indiqué que « Twitter est simplement un média que tous les Iraniens peuvent utiliser pour communiquer ».
Une dissidente iranienne qui vit actuellement à Washington a par ailleurs indiqué que comme le travail des journalistes étrangers était limité en Iran, les messages Twitter d’une poignée d’étudiants ont permis la circulation d’informations cruciales sur la situation actuelle au pays.
« L’information prédominante nous parvient par Twitter ». «Beaucoup de gens appellent ce qui se passe en Iran la ‘Twitter revolution’ », a-t-elle confié au Washington Post.
Twitter, lancé en 2006, compte actuellement 32 million d’abonnés partout au monde. Selon les spécialistes de la recherche de marché Neilsen, Twitter est le site de réseautage qui connaît la progression la plus importante, avec une augmentation du nombre d’usagers de 1382% de 2008 à 2009.

