Affaires
L'affiche des prix de vols sur Facebook réglementé ?
Michel Munger
Argent
Ceux qui veulent conseiller le gouvernement fédéral sur l'affichage des prix des transporteurs aériens ont deux semaines pour le faire. L'Office des transports du Canada vient de lancer sa consultation sur la réglementation qu'il prépare pour la fin de l'année.
En effet, du 13 au 26 février, le grand public peut donner son point de vue en ligne. L'autorité fédérale prévoit dévoiler, d'ici la fin de l'année, son interdiction sur l'affichage de prix avant taxes et frais pour des vols.
Parmi les nouveautés, l'Office des transports s'intéresse à l'utilisation des médias sociaux par les transporteurs. Il invite le public à lui dire si la réglementation doit s'appliquer à leurs pages sur Facebook et Twitter.
Si les médias sociaux servent à relayer des prix alléchants, la règle fédérale devrait en principe les couvrir, estime Jean Jacques Préaux, porte-parole de l'Office de la protection du consommateur du Québec.
M. Préaux fait remarquer que l'article 224 de la loi québécoise empêche un commerçant d'exiger un prix supérieur à celui affiché dans ses publicités. Un vol doit donc tout inclure, sauf les taxes de vente.
L'OPC ne veut pas voir de compromis à-dessus, explique-t-il. «Si partir de Montréal à Paris un coûte 687 $ au total, on ne doit pas à mettre le prix de 400 $ en grosses lettres dans le journal, sur le Web ou sur Twitter. Il faut que le consommateur sache que ça coûte 687 $ dès qu'il voit la publicité, pour ne pas être déçu.»
La même logique existe pour d'autres expériences de consommation, ajoute le porte-parole. «Quand vous allez au restaurant et que vous commandez un steak-frites à 22,95 $, la facture indique ce même prix et ajoute ensuite les taxes de vente. On ne cache pas 4 $ pour le plongeur et 2 $ pour le chauffage. Air Canada, Porter, WestJet et les autres doivent faire la même chose avec un billet d'avion.»
Les transporteurs et voyagistes n'ont toutefois pas l'habitude d'utiliser les médias sociaux pour publiciser leurs offres, souligne Johanne Larivière, présidente de Voyages Vasco à Saint-Bruno-de-Montarville.
«La réglementation touchera avant tout la publicité trompeuse dans les journaux, dit-elle. Je ne crois pas que l'on va annoncer un voyage à Cayo Coco ou un vol sur Paris par l'entremise de Facebook, avec l'information détaillée sur les prix.»
L'Office des transports entend par ailleurs se pencher sur l'idée que les transporteurs pourraient faire de la publicité pour des allers simples.
C'est peu réaliste, signale Jean-Jacques Préaux. «C'est rare que l'on prend un aller simple mais rien n'empêche d'en faire la publicité, tant qu'il est clair que le vol de retour n'est pas inclu.»
En attendant la suite, la réforme réglementaire s'impose, estime Johanne Larivière. «J'ai encore eu, cette semaine, une cliente qui m'a dit qu'elle a vu un vol à 600 $ vers Paris. Quand elle a été plus loin, elle s'est aperçue que le prix n'incluait pas les taxes et les frais.»



