Le mercredi 16 mai 2012

Affaires

Une demi-solution chez Research in Motion ?

23 janvier 2012 | 13h25
Mise à jour: 23 janvier 2012 | 16h29
ARGENT  
RIM ne rend pas ses téléphones de marque BlackBerry plus séduisants en changeant son chef de la direction. Ce dur constat est fait par deux analystes questionnés par Argent.

Michel Munger
Argent

Research in Motion (RIM) ne rend pas ses téléphones de marque BlackBerry plus séduisants en changeant son chef de la direction. Ce dur constat est fait par deux analystes questionnés par Argent sur le virage pris par le fabricant.

 Photo : Reuters

Les marchés financiers ont froidement accueilli, lundi, l'arrivée de Thorsten Heins à la tête de RIM. Le titre a terminé en baisse de 9,1 % ou 1,57 $ à 15,67 $ à la Bourse de Toronto.

M. Heins, qui occupait le poste de chef de l'exploitation, est respecté mais ce qui fait perdre des parts de marché à RIM est profond. C'est du moins le point de vue de François Charron, chroniqueur techno et éditeur du site francoischarron.com.

«Le problème de cette compagnie-là, c'est le produit, tranche M. Charron. Là, on va chercher le gars qui a géré la crise de croissance de RIM. Dans les 12 derniers mois, elle a plutôt vécu une décroissance. On aurait aimé voir arriver un trippeux de produits, quelqu'un de visionnaire. Il n'y a eu qu'un Steve Jobs, mais il aurait été possible de se concentrer sur le produit et l'orientation de la marque.»

Denis Durand, associé principal chez le gestionnaire de portefeuille Jarislowsky Fraser, estime lui aussi que les changements sont insuffisants.

«MM. Balsilie et Lazairidis restent présents et influents, précise-t-il. Les nouveaux dirigeants l'étaient déjà. Ça ressemble à un jeu de chaise musicale. On aurait espéré un peu plus de la part de l'entreprise.»

Par contre, M. Durand souligne qu'en Thorsten Heins, RIM a un grand patron qui connaît bien son secteur. «Il a bien relevé le problème du marketing. Il voudra lancer les prochains BlackBerry à temps. La crédibilité de RIM en dépend.»

Son principal défi sera de transformer une machine à courrier électronique en téléphone plus moderne, estime François Charron.

«Les gens d'affaires [qui ont acheté le BlackBerry] ne sont pas des robots, lance-t-il. Ce sont des humains qui veulent des applications. Il faut trouver une façon de faire en sorte que l'on aime encore notre téléphone les soirs et week-ends.»

À son avis, le manque d'attrait est majeur.

«Ce week-end, raconte-t-il, un collègue magasinait avec sa femme en regardant les produits Apple et Android. Soudainement, il a suggéré le Blackberry et sa femme a rapidement dit: jamais. RIM a perdu la clientèle féminine. Ses produits ne sont pas sexy. Ils sont dépourvus d'émotion.»

En attendant la suite, Denis Durand est convaincu que les rumeurs de rachat continueront de circuler. «Un contrôle moins grand exercé par les anciens co-chefs de la direction pourrait laisser une plus grande ouverture afin de recevoir une offre de la part d'une société étrangère.»

michel.munger@tva.ca

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