Un coup de pouce du frère André au tourisme religieux
Jean-François Cloutier
Argent
Le potentiel du tourisme religieux québécois est encore mal exploité à l’international, mais la canonisation du frère André pourrait changer la donne.
Pour mieux faire connaître le patrimoine religieux québécois, les divers intervenants de l’industrie touristique québécoise misent sur la tenue de la World Religious Travel Expo à Montréal en novembre prochain. L’événement se tiendra pour la première fois à l’extérieur des États-Unis.
La tenue de ce congrès d’envergure suivra de peu la canonisation du frère André, le 17 octobre. «Ça va ouvrir les yeux à bien du monde à l’étranger», avance M. Labrie, consultant pour la firme IBI-DAA Stratégie et ancien directeur de l’Office du tourisme de Québec.
M. Labrie pilote à l’heure actuelle une étude visant à évaluer la nature du tourisme religieux québécois et à explorer des pistes de croissance à l’international pour les quatre grands sanctuaires de la province, dont Sainte-Anne-de-Beaupré, près de Québec, et l’Oratoire Saint-Joseph, à Montréal.
Mal connu en dehors du Québec
«Quatre des cinq sanctuaires majeurs de l’Église catholique au Canada se trouvent en territoire québécois, mais on s’est aperçu que c’était un secret bien gardé à l’extérieur de la province », explique-t-il.
Jusqu’ici, le tourisme dans ces quatre sanctuaires est surtout venu du Québec. Les touristes du Canada anglais et des États-Unis qui y viennent le font pour leur part parce qu’ils ont entendu parler dans leur communauté religieuse ou parce qu’ils passent par Québec ou Montréal, mais à peu près jamais parce qu’ils y ont été attirés par des intervenants commerciaux, selon M. Labrie.
L’intérêt pour le tourisme religieux international est d’autant plus grand au Québec qu’il pourrait permettre de compenser le déclin du tourisme religieux local, qui a été important dans le passé, mais qui vieillit et qui n’est pas remplacé, précise M. Labrie.
Un secteur en forte croissance
Analyste à la Chaire de tourisme Transat à ESG UQÀM, Siham Jamaa mentionne que le potentiel du tourisme religieux est considérable. «On prévoit que ce genre de tourisme de niche devrait connaître une croissance annuelle de 20 % d’ici les 15 prochaines années», souligne-t-elle
On évalue en ce moment le marché du tourisme religieux à 18 G$ US dans le monde, dont 10 G$ US en provenance de l’Amérique du Nord.
«On peut peaufiner notre offre, dans le reste du Canada, aux États-Unis, mais aussi au Mexique qui est très majoritairement catholique», affirme-t-elle.


