Les médias traditionnels souffrent, les nouveaux prospèrent
Michel Munger
Argent
Le rapport annuel du CRTC pour 2009 souligne que les communications canadiennes vivent deux solitudes. Les médias traditionnels souffrent tandis qu'Internet et le mobile ont le vent dans les voiles.
Le document intitulé Rapport de surveillance des communications indique que dans l'ensemble, les revenus de l'industrie ont progressé de 2,1% à 55,4 G$ malgré le marasme économique.
Cela ne traduit toutefois pas une situation saine pour tous.
Les revenus de la radio ont chuté de 5,2% à 1,5 G$. Ce qui a de quoi inquiéter les stations, c'est que l'écoute hebdomadaire a diminué de 3,2% à 17,7 heures par semaine. La marge de profit a reculé de 3,1 points à 18%.
En télé, c'est un mince recul de 0,2% qui a été fait à 5,5 G$ de revenus. Sauf que la télévision généraliste (Radio-Canada, TVA et autres) a encaissé un choc, voyant son chiffre d'affaires tomber de 7,4%.
La SRC a vu ses revenus (excluant le financement fédéral) reculer de 5% à 392 M$. Les concurrentes privées ont fait pire, la baisse étant de 7,8% à 1,97 G$.
La marge de profit télévisuelle se situe à 11,1%, une régression de 1,4 point.
En télécoms (téléphonie et accès à Internet), c'est là que l'autre solitude commence. Les revenus ont monté de 1,8% pour atteindre 41 G$. Les secteurs de croissance sont la transmission de données et Internet à haute vitesse.
Ce sont les distributeurs (Bell et les câblos) qui vont le mieux car leurs revenus ont progressé d'environ 3% à 14 G$. Leur marge de profit s'est toutefois contractée de 0,9 point à 24,4% mais c'est la meilleure de l'industrie.
La téléphonie mobile se tire encore bien d'affaire, son nombre d'abonnés ayant bondi de 8% à 23,8 millions en 2009.
Les nouveaux médias et industries connexes se portent aussi mieux que la télé et la radio. Des proportions respectives de 52% et 44% des Canadiens anglophones et francophones visionnent du contenu vidéo sur Internet. La moyenne d'écoute est, respectivement, de 2,2 et 1,3 heure par semaine.


