40% des Canadiens actifs sans plan de retraite
Gérard Samet
Argent
Près de la moitié des Canadiens non-retraités concèdent n'avoir aucun plan de retraite. Un rapport de l'Institut Info-Retraite BMO révèle pourquoi ils remettent toujours la planification de leur retraite future.
Comment expliquer ce paradoxe : «la presque totalité des Canadiens est favorable à la planification de leur retraite dès l’âge de 35 ans, alors que cela reste un vœu pieux pour la moitié d’entre eux »!
Ce document explore la psychologie et les priorités antagonistes qui nuisent à la mise en place d'un plan d'épargne de retraite efficace. Il dénote une opposition entre les croyances et les comportements des Canadiens.
Les gens ne se projettent pas dans l’avenir
Deux idées forces en ressortent : d’abord la gratification immédiate, les gens préfèrent vivre et consommer aujourd’hui plutôt qu’épargner pour demain.
Ensuite la surabondance d'information, ce qui entraîne la paralysie de choix. Tout l’intérêt de l’enquête de la BMO est de constater la difficulté psychologique de la population concernée de se projeter dans l’avenir.
Tous les prétextes sont bons. Les enfants, l’endettement de consommation, l’achat d’une maison, souvent perçue comme le rêve d’une vie. Selon ce rapport, les êtres humains agissent de façon irrationnelle.
«Le choix est trop complexe pour beaucoup», estime Daniel Gladu, Planificateur financier et en Placements et retraite à la Banque de Montréal (BMO).
Il reçoit les clients lorsqu’ils investissent pour acheter une maison ou dans leur entreprise. «Investir dans une maison ou dans une entreprise ne peut pas remplacer une planification de retraite. L’entreprise peut perdre sa clientèle, quant à la maison, elle coûte cher en taxes et en entretien. Comment faire pour la conserver si l’on n’a plus de revenus?»
Il indique que dans ce cas, ses clients sont obligés de revendre leur maison à perte. «Quant à ceux qui disent mon entreprise a beaucoup de valeur, je tiens à leur rappeler que ceux qui travaillaient à 90% pour GM ont presque tout perdu».
La nécessité du plan de retraite
Mettre en place un plan retraite est donc une nécessité pour diversifier ses actifs et limiter les risques. «Se préserver un revenu de retraite complémentaire est également nécessaire lorsque l’on bénéficie d’un bon plan par son entreprise», croit Jean Bergeron, associé de la firme Morneau Sobeco.
«Beaucoup d’entreprises ont connu des difficultés économiques et il est toujours possible d’avoir de mauvaises surprises».
Pour motiver les Canadiens et les inciter à choisir une planification de retraite adéquate, il est nécessaire qu’ils soient mieux informés. «Il faut aider les Canadiens en leur donnant de meilleurs outils», estime Véronique Mercier, vice-présidente aux communications de la Caisse des dépôts et placements du Québec.
«Il suffit d’expliquer aux Canadiens que leur retraite doit être au cœur de leurs préoccupations. Pour cela, nous avons décidé d'être partenaire de l’organisme Question Retraite, destiné à la promotion de la planification et de la sécurité des retraites».
Claude Paquin, porte-parole du Groupe Investors indique que l'enjeu «passe par la définition de leurs objectifs de vie, le choix des bons véhicules financiers et une répartition sécuritaire des investissements qui ne sont pas uniquement des placements boursiers».
Pour Tina Di Vito, chef de l'Institut Info-Retraite BMO qui a commandé cette étude, «il est primordial que les Canadiens adoptent un rôle actif dans la planification de leur avenir et qu'ils s'y mettent le plus tôt possible».
Le rapport de l'Institut Info-Retraite BMO se fonde sur un sondage mené par The Strategic Counsel. Le sondage a été mené auprès de 2034 Canadiens de 35 ans et plus entre le 26 mai et le 2 juin 2010.


