Postes Canada: des questions sans réponse
Au lendemain des révélations de TVA Nouvelles sur l’absence d’un inventaire des passe-partout détenus par une entreprise agissant comme sous-traitant, Postes Canada dit que la sécurité du courrier n’a jamais été compromise pour autant.
Par courriel, la société fédérale a déclaré qu’elle avait obtenu auprès de Profac, une filiale de SNC-Lavalin responsable de la gestion des boîtes postales à la grandeur du pays, l’assurance que les règles de sécurité étaient respectées.
Dans un reportage diffusé hier, TVA Nouvelles révélait qu’un entrepreneur de la Montérégie avait en sa possession des dizaines de passe-partout permettant d’ouvrir des boîtes postales communautaires dans le sud-ouest du Québec.
L’entreprise d’Yves Cloutier avait obtenu un contrat de Profac pour installer, réparer, et déneiger la majorité des boîtes de Sherbrooke à Mont-Laurier. M. Cloutier a mis fin au contrat en 2009 et poursuit aujourd’hui Profac pour 104 000$. Il prétend ne pas avoir été payé pour du travail qu’il aurait accompli.
Celui qui dit ne pas avoir de mauvaises intentions s’étonne encore du fait que Profac ne détient aucun inventaire des biens de Postes Canada qu’il a toujours en sa possession, en attendant, dit-il, d’être payé par Profac.
Entre-temps, l’entrepreneur se demande s’il est le seul à détenir des centaines de passe-partout sans que la société d’État en ait gardé une trace.
SNC-Lavalin a elle aussi brièvement réagi au reportage, indiquant que c'est sa filiale Profac qui doit mettre à jour le système de contrôle des clés de Postes Canada, et que les sous-traitants doivent informer Profac lorsqu'ils entrent en possession de clés.
Cette situation pose-t-elle un risque à la protection des renseignements personnels?
Un expert en matière de protection de la vie privée croit que cela ouvre la porte à de possibles vols d’identité.
«Si quelqu'un est mal intentionné, s’il tombe entre les mains du courrier adressé à une autre personne, il peut commettre un vol d'identité. Il peut récupérer différents renseignements et se faire passer pour cette personne», fait remarquer Pierre Trudel, professeur en droit à l’Université de Montréal.
Ni Postes Canada ni Profac n’ont accepté une demande d’entrevue pour justifier l'absence d'un inventaire des biens de M. Cloutier.

