Avoir un cancer du sein ruine les finances personnelles
Mise à jour: 27 mai 2010 | 15h44
Un cancer du sein est dramatique sur le plan financier pour les femmes qui en sont atteintes et leur famille.
Un rapport du Réseau canadien du cancer du sein (RCCS) publié jeudi révèle en effet que les personnes chez qui on diagnostique un tel cancer vivent d'importantes difficultés financières au cours de leurs traitements.
L'enquête indique que pas moins de 80% des femmes atteintes se sont appauvries, et les répercussions financières se vivent sur une longue période, tant pour les patientes que pour leur famille.
Leur revenu ménager annuel a chuté de 10% en moyenne, et près de la moitié des répondantes à l'enquête, soit 44%, ont épuisé leurs économies et leur fonds de retraite.
Qui plus est, 27% des patients ont dû s'endetter pour acquitter les traitements.
Le rapport relève également que les prestations de l'assurance-emploi ne couvraient que 15 des 38 semaines du traitement moyen, ajoutant ainsi au fardeau des personnes atteintes.
Le rapport fait aussi valoir que le cancer du sein entraîne une interruption importante de la participation au marché de travail. Parmi les 81% de répondantes qui occupaient un emploi à temps plein au moment de leur diagnostic, 16% ont subi une mise à pied au cours de leurs traitements, et 17% n'ont pas pu reprendre leur emploi antérieur au même titre et au même salaire.
Plus d'un cinquième des participantes à l'enquête ont signalé avoir repris le travail avant d'y être entièrement aptes, en raison de pressions financières.
«De tels chiffres sont alarmants, a commenté Cathy Ammandolea, présidente du RCCS. Au RCCS, nous reconnaissons que les femmes touchées par le cancer du sein jouent un rôle essentiel dans l'économie canadienne. Nous allons continuer à défendre leur droit à un retour au travail conforme à leurs besoins.»
Le rapport a été établi à partir des réponses obtenues lors d'un sondage en ligne qui s'adressait aux Canadiennes de 18 ans et plus ayant reçu un diagnostic de cancer du sein. En tout, 446 personnes ont répondu au sondage, dont quelques hommes.
Chaque année, environ 22 000 Canadiennes et Canadiens reçoivent un diagnostic de cancer du sein.
Le RCCS lance un appel aux organismes et personnes concernés à se réunir dans un groupe de travail pour étudier la politique du travail, les prestations d’assurance et les structures d’aménagement en milieu de travail, «pour que le tout correspond davantage à la réalité des traitements de cancer du sein et de la réinsertion dans la population active».

