Le jeudi 9 février 2012

Le prix de l'or sourit aux minières et spéculateurs

14 mai 2010 | 18h47
 

Sharon Singleton
Argent

La récente flambée du prix de l’or risque de profiter aux petites sociétés minières canadiennes en les aidant à s’acquitter de leurs frais d’exploration élevés et en fournissant potentiellement une véritable mine d’or aux investisseurs suffisamment téméraires, selon les analystes.

 

Le précieux métal jaune a inscrit un nouveau record historique, vendredi, en frôlant brièvement les 1250 $US l’once alors que la crise de la dette en Europe a forcé les investisseurs à s’orienter vers une nouvelle valeur refuge.

Qui plus est, la tendance risque de se maintenir en raison du doute qui subsiste quant à la capacité de l’Europe à régler ses problèmes et à cause des répercussions potentielles sur la stabilité économique mondiale.

L’augmentation du prix de l’or a entraîné les actions minières dans son sillage. Depuis le début de l’année, S&P/TSX Global Gold Index a bondi de 12 %, Barrick Gold – la plus importante société aurifère au monde – a connu une hausse de près de 12 % et New Gold s’est bonifiée de presque 65 %.

«Les perspectives les plus excitantes sont dans le domaine de l’exploration minière», a indiqué John Ing, président et analyste de Maison Placements Canada. «Plusieurs petites sociétés disposent des fonds nécessaires et sont déjà à la recherche de chaque filon manqué.»

Il ajoute que même les petits gisements peuvent avoir un impact majeur sur les petites sociétés, tandis que les grandes entreprises arrivent à peine à reconstituer leurs réserves, ce qui limite le risque de croissance du prix de leurs actions.

Le Canada et les États-Unis font partie des destinations les plus prisées pour la prospection de l’or. Plus de 70 % des petites entreprises minières sous la loupe de la firme de recherche Zeal LLC ont au moins un projet en cours en Amérique du Nord.

Ce sont de bonnes nouvelles pour les investisseurs puisque cela les aide à réduire le risque politique associé aux investissements dans les régions éloignées. En 2006, par exemple, l’or brut et les actifs de la compagnie Newmont Mining avaient été entièrement saisis suite à un litige fiscal avec l’Ouzbékistan.

Les perspectives de fusions et d’acquisitions peuvent aussi avoir un impact positif sur la cote des titres en bourse. Selon un rapport de PriceWaterhouse Coopers publié plus tôt cette année, les fusions et les acquisitions au Canada sont surtout alimentées par le secteur des ressources naturelles – les grandes entreprises sont en quête d’acquisitions afin de reconstituer leurs réserves, et les plus petites compagnies qui disposent de réserves concrètes sont en quête d’associés pour les aider à financer leur développement et leurs opérations d’extraction minière.

Le nombre total d’ententes conclues a grimpé de 61 %, peut-on lire dans ce rapport, et cette tendance positive risque vraisemblablement de se maintenir.

En revanche, il ne faudrait pas croire non plus que le fait d’investir dans des actions minières est une alternative viable à l’or brut. La logique d’un investissement dans une valeur refuge n’est pas la même que celle d’une mise de fonds à l’abri de l’inflation.

«Les actions peuvent entraîner des risques, comme par exemple une mauvaise gestion d’entreprise, et certains facteurs tels que l’augmentation du prix du pétrole peuvent affecter les coûts de production», affirme Arnold Zwaig, conseiller principal en gestion de patrimoine et administrateur chez Scotia McLeod, à Montréal.

Richard Briggs, un des principaux agents des stratégies de développement des marchés chez Lind-Waldock Canada, est du même avis.

«Vous pouvez mettre la main sur un marché aurifère gagnant et quand même finir par perdre au change à cause d’un titre cahoteux en bourse», dit-il.

N’empêche qu’avec l’instabilité financière actuelle à l’échelle mondiale, la plupart des conseillers s’entendent pour dire que tous les investisseurs devraient ajouter un peu d’or à leurs portefeuilles, que ce soit par l’achat de lingots du précieux métal ou par des fonds indiciels négociables en bourse qui aident à disperser le risque.

«Tout le monde devrait en avoir au moins un peu. Si vous n’en avez pas encore, il serait probablement temps d’y songer sérieusement», ajoute M. Briggs.

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