Le dimanche 12 février 2012

Un nouveau modèle de financement pour la santé en Ontario

9 mars 2010 | 18h32
 

Argent

L'Ontario prend les devants pour gérer la crise dans le financement de son réseau de santé.

 (Agence QMI)

Dans son discours du trône, le gouvernement de la province a manifesté son intention de prendre un virage radical pour contrôler ses dépenses, puisqu'il est aussi devenu un gouffre sans fond.

Il y a 20 ans, 32 cents par dollar dépensé par l'État ontarien allait dans le système de santé. Il en dépense aujourd'hui 46 cents par dollar, et ce sera 70 cents par dollar dans 12 ans si rien ne change.

Le Québec vit un peu le même scénario, et plusieurs experts pensent que la province est à la traîne.

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« Malheureusement, pour la santé, on devrait se comparer à Cuba et a Corée du Nord », affirme Germain Belzile, économiste à l'Institut économique de Montréal.

« Nous n'avons pas un système de santé digne du 21e siècle, souligne pour sa part Robert Gagné, professeur d'économie aux HEC. Pomper de l'argent à l'infini n'est pas une solution. Certains disent que c'est un problème d'argent, mais je pense qu'il s'agit de mauvaise gestion. »

Pour sa part, Queen's Park ne veut pas d'un statu quo qui l'entraine dans l'abysse. L'Ontario veut réformer radicalement son financement de deux façons

La province veut d'abord adapter le budget des hôpitaux selon la démographie de sa clientèle ou de la région où est implanté l'établissement. Par exemple, un hôpital situé dans une région où la population est vieillissante recevrait plus.

« Ils veulent faire en sorte que l'argent suive le patient, et je pense que c’est un pas dans la bonne direction » indique M. Gagné.

Mais ce n'est pas assez aux yeux de M. Belzile. « On ne change pas le problème fondamental. Le problème va demeurer le même, c'est-à-dire qu'un patient de plus veut dire des coûts supplémentaires. »

L'Ontario veut aussi récompenser les hôpitaux qui atteignent leurs objectifs et punir ceux qui ratent la cible, ce qui est « plus clair » que la situation actuelle au Québec, souligne M. Gagné. « Nous sommes dans le brouillard au Québec, nous n'avons aucune idée d'où nous allons avec ça. »

Chez les médecins, la porte est ouverte au sujet des normes de performances. « Nous ne sommes pas fermés à ce qu'on nous fixe des objectifs en fonction de certains résultats à atteindre, affirme le Dr Louis Godin, président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec. Mais si le Québec veut faire ça, il faut des investissements. »

De son côté, le ministre de la Santé Yves Bolduc nie toute innovation de la part de l'Ontario. « Il s'agit de quelque chose qui se fait de façon régulière au Québec », commente le ministre.

Pourtant, l'Ontario qualifie son projet de virage radical, et le comité d’experts indépendant mandaté par Québec pour analyser les finances publiques a vu dans l’approche ontarienne un début de solution.

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