Vers un mariage Bell-Telus?
Argent
BCE (BCE) et Telus (T) se préparent-ils secrètement à convoler en juste noce? Les deux principaux joueurs des télécommunications canadiennes multiplient les alliances depuis quelques mois.
Leur plus récent partenariat remonte à quelques jours seulement.
Telus va distribuer les signaux télé de Bell en Colombie-Britannique et en Alberta, une relation qui lui permettra d’offrir un service supplémentaire sans investir dans l’érection d’un réseau de diffusion par satellite.
Un partenariat logique croit Stephen Gauthier, stratège chez Demers Valeurs mobilières.
«Les deux compagnies ont des revenus qui stagnent et ils peuvent améliorer leurs coûts avec des partenariats», a-t-il expliqué.
Cette relation d’affaires, annoncé le 29 juin, ravive le spectre d’une fusion des deux rivaux surtout qu’ils ont développé d’autres ententes au cours des derniers mois.
En octobre, Bell et Telus annonçaient un investissement conjoint d’au moins 1G$ pour établir un réseau sans fil de troisième et de quatrième génération afin de rivaliser avec Rogers et de nouveaux joueurs, comme Videotron, qui lanceront bientôt de nouveaux réseaux.
Une fusion Bell-Telus permettrait aux deux géants de redonner de la vigueur à leurs profits et à leurs revenus.
Le bénéfice net de BCE, maison mère de Bell, a glissé de près de 4% en 2008 à 1,81G$ alors que ses revenus sont demeurés stables à 17,7G$.
Au cours du même exercice financier, les profits de Telus ont chuté de 10% à 1,1G$ pendant que ses revenus grimpaient de 6% à 9,7G$, influencé par la croissance du secteur sans fil.
Gabriel Lancry, gestionnaire chez Scotia McLeod, voit d’un bon œil la naissance d’un Bell-Telus car le regroupement génèrerait des synergies annuelles d’environ 1G$.
«Ce serait une belle transaction mais en attendant de se marier il partage la même couchette», a-t-il suggéré, soulignant que le Bureau de la concurrence exprimerait sans doute des réserves.
Stephen Gauthier partage son point de vue. «Le problème c’est qu’il n’y aurait plus de concurrence», a-t-il lancé, précisant que les gouvernements ne verraient pas d’un bon œil les mises à pieds massives que provoquerait une union Bell-Telus.
Gabriel Lancry estime cependant que le duopole Bell-Telus et Rogers pourrait être atténué en autorisant la venue de compagnies étrangères, comme Verizon, dans le marché canadien des télécommunications.

