Le vendredi 10 février 2012

Valeurs mobilières : Blackburn appuie le projet de commission unique

30 juin 2009 | 17h47
 

Voyez en vidéo notre entrevue avec Jean-Pierre Blackburn, ministre fédéral du Revenu national.

Voyez en vidéo les commentaires de Daniel Paillé, professeur associé des HEC, et Pierre Duhamel, chroniqueur pour Argent.

Voyez la chronique de Pierre Duhamel sur son blogue.

Mathieu Lavallée
Argent

Le ministre fédéral du Revenu national, Jean-Pierre Blackburn, appuie le projet de commission unique des valeurs mobilières au Canada.

 

Lors d’une entrevue sur les ondes du Canal Argent, le ministre a déclaré qu’il « faut penser que le pays évolue et qu’il a des besoins que la Constitution n’a pas prévue ». Selon M. Blackburn une commission unique est maintenant « nécessaire ».

« Les gens à l’international souhaitent que le Canada crée une commission unique des valeurs mobilières ».

Il espère que Québec va faire partie de cet organisme de réglementation unique, mais il sera possible pour la Belle province de s’en exclure, a-t-il précisé.

« Ça ne touche pas la partie distincte du Québec, sa langue, sa culture », a dit M. Blackburn. « On parle affaires ici. » À son avis, il revient à chaque province d’évaluer s’il est dans son intérêt de participer à la commission unique.

Selon lui, le gouvernement ne veut pas créer une commission unique pour « embarrasser les provinces. Nous avons assez de problèmes, nous n’en cherchons pas d’avantage. »

Pourquoi réparer ce qui fonctionne bien

Selon Daniel Paillé, professeur associé à l’École des HEC et ancien ministre du cabinet de Jacques Parizeau, il n’est pas nécessaire de « réparer ce qui n’est pas brisé, pour une fois qu’on a un système qui fonctionne bien ».

« Avec la crise économique, nous avons vu que le système canadien est robuste », a-t-il précisé.

À son avis, la création d’une commission unique ne serait pas seulement une perte de compétence pour les gens de la finance, mais aussi pour les bureaux d’avocats corporatifs et pour tous ceux qui tournent autour de l’Autorité des marchés financiers. « Ce serait un recul pour l’évolution financière du Québec », a-t-il affirmé.

Cependant, il comprend « l’obstination politique » autour du projet. Jim Flaherty, l’actuel ministre des Finances à Ottawa, est l’ancien ministre des Finances de l’Ontario. Or, 80% du marché des valeurs mobilières est basé à Toronto. Pour M. Paillé, il est clair qu’une commission unique serait établie là-bas.

Un « flou artistique »

Pour Pierre Duhamel, il y a un « flou artistique » autour du plan de commission fédérale des valeurs mobilières. « La commission serait unique, mais permettrait les autres », souligne-t-il. « Il y a un paquet de choses floues dans ce projet », ajoute-t-il.

Il constate aussi qu’il y a toujours une « bataille » contre Toronto pour que Montréal s’impose dans le secteur financier.

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