André Bérard conseille Savard dans la vente du Canadien
Olivier Bourque
Argent
Même s’il n’est pas impliqué personnellement et financièrement dans la vente du Canadien, l’ex-président de la Banque Nationale, André Bérard, affirme qu’il conseille Serge Savard, un des acheteurs potentiels du Canadien de Montréal.
En entrevue avec Argent, le financier a souligné son amitié envers l’ex-joueur du tricolore en indiquant qu’il se considérait comme un guide pour lui.
«Je le conseille. Je connais bien Serge, il est à mes yeux à moi un des grands du hockey et qui pourrait apporter beaucoup à l’équipe (Canadien). Mais ce n’est pas un financier, donc je fais du mentorat», rigole-t-il après avoir fait la promotion du Réseau national de mentorat d'affaires de la Fondation de l'entrepreneurship.
Deux groupes québécois – et deux étrangers – lutteraient en vue d’acquérir le Canadien de Montréal. D’un côté, le géant médiatique Quebecor croiserait le fer avec un consortium mené par BCE qui se serait associé à Serge Savard et au Fonds de la solidarité de la FTQ.
Du même souffle, M. Bérard qui siège sur le conseil d’administration de BCE affirme qu’il n’est pas impliqué dans la vente du Canadien.
«Les nouvelles veulent que BCE soit également dans le dossier. Moi comme administrateur, je n’en ai pas entendu parler. (…) Mais si jamais Bell allait de l’avant, ce serait présenté au conseil et je donnerais mon avis à ce moment-là comme administrateur. Pour faire cela, je ne dois pas être impliqué personnellement et financièrement d’aucune façon et je ne suis pas impliqué», a-t-il affirmé.
Il souligne ne pas savoir si son ami Serge Savard a de bonnes chances de mettre la main sur le tricolore.
«Aucune idée. Faudrait demander cela à M. Gillett ou à M. Jacques Ménard», dit-il amusé.
Deux groupes Québécois, une bonne nouvelle
Selon M. Bérard, la belle histoire dans ce dossier est l’intérêt de deux groupes québécois pour le Canadien de Montréal. Une situation inédite, d’après lui.
«Ce qui est intéressant c’est qu’on retrouve des Canadiens, des Québécois alors qu’il y huit ans, il n’y avait personne. On a une économie qui a créé des gens qui sont capables de se colmater avec une transaction comme celle-ci», indique-t-il.
Il préfère d’ailleurs voir un Québécois prendre le contrôle de l’équipe.
«Si ça pouvait rester chez-nous. Sans l’ombre d’un doute, je préfère que ce soit quelqu’un d’ici qui achète le Canadien», dit-il.
Programme de mentorat
M. Bérard a fait lundi la promotion d’un programme qui lui tient à cœur, celui du Réseau national de mentorat d'affaires, qui contribue à l'accélération du développement de nouveaux entrepreneurs.
«Ce mentorat, c’est la fusion d’un jeune entrepreneur plein de fougue qui est jumelé à un sage qui a eu des déboires», affirme le coloré homme d’affaires.
Celui-ci croit que le Québec a des problèmes à ce niveau en raison du taux d’échec lors de la création d’entreprises.
Selon lui, environ 70 % de ces jeunes compagnies ferment leurs portes dans la période de 18 mois suivant leur création. Mais avec un programme de mentorat, ce taux descend de moitié.
La Banque Nationale et le PCAA
Par ailleurs, M. Bérard ne veut pas blâmer qui que ce soit quant à l’achat massif de PCAA par l’institution qu’il a dirigée.
«C’est trop facile de prédire le passé (…) Regardons la gestion des gens sur une base cumulative. Je crois que la Banque Nationale sort grande gagnante», constate-t-il.
À savoir pourquoi les institutions québécoises ont acheté plus de ces PCAA, M. Bérard se fait caustique.
«On avait des gestionnaires enthousiastes», dit-il tout en soulignant qu’il est impossible de tout prévoir notamment la crise économique actuelle.


