Le vendredi 10 février 2012

Caisse de dépôt : qui est Michael Sabia?

13 mars 2009 | 19h14
ARGENT 
 

Par Gary Norris
LA PRESSE CANADIENNE

TORONTO -- Vous pouvez l'aimer ou le détester, mais vous ne pouvez pas dire que le nouveau président de la Caisse de dépôt et placements du Québec, Michael Sabia, a peur de relever des défis.

M. Sabia était le directeur général de la politique de taxation du ministère des Finances du Canada, derrière la mise sur pied de la taxe sur les produits et services (TPS), en 1991.

Il a ensuite suivi son mentor, Paul Tellier, lorsque ce dernier est devenu président du Canadien National (CN) alors que la corporation fédérale de la Couronne était sur le point de devenir une entreprise publique.

D'abord vice-président au développement des affaires corporatives puis chef des finances, M. Sabia a orchestré en compagnie de M. Tellier la privatisation du CN en 1995. Cette transformation a permis au CN de devenir l'une des entreprises de transport les plus respectées et les plus rentables d'Amérique du Nord.

M. Sabia a par la suite déménagé chez BCE (TSX:BCE) en 1999, alors que l'entreprise-soeur Bell Canada, sous la gouverne du président Jean Monty, faisait les acquisitions coûteuses du réseau CTV et du réseau de télécommunication Teleglobe.

Il est devenu président de BCE après la démission de M. Monty en 2002, à cause de l'éclatement de la bulle technologique. Il a recentralisé les affaires de Bell à titre de plus grand opérateur de télécommunication au Canada, sabrant notamment dans les actifs tels que la division des Pages Jaunes et la main-d'oeuvre.

Au printemps 2006, peu de temps après que Bell eut annoncé qu'elle abolirait entre 3000 et 4000 postes, l'entreprise a dévoilé que M. Sabia avait reçu une augmentation de salaire de 555 pour cent, à 6,7 millions $.

En octobre 2006, BCE a joint la course corporative à la conversion en fiducie de revenu -- une décision qui a exaspéré le ministre des Finances Jim Flaherty, qui a immédiatement décidé de taxer les nouvelles fiducies de revenu telles que les corporations, et mettant ainsi un terme à la vague de conversions.

BCE, dont l'action stagnait depuis 2002 entre 25 et 30 $, a accepté d'être vendue à 42,75 $ l'action en juin 2007. La transaction au groupe privé mené par le régime de retraite des enseignants de l'Ontario (Teacher's), estimée à 52 milliards $, a toutefois échoué en raison de l'effondrement du crédit en décembre dernier.

L'action de BCE est depuis revenue à environ 25 $, et M. Sabia était au chômage depuis juillet dernier. Il a démissionné de son poste chez BCE alors que l'entente avec Teacher's semblait sur le point de se réaliser.

Il s'attaquera maintenant à une autre organisation dans l'eau chaude, la Caisse de dépôt et placements du Québec, torpillée par une baisse de ses actifs de 25 pour cent depuis l'année dernière à 120 milliards $.

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