Radioactif et Nomade Télécom restent optimistes pour Montréal
Mathieu Bruckmuller
ARGENT CANOË
Malgré les récents revers de plusieurs villes américaines pour la construction d’un réseau Wi-Fi, le fournisseur de services Internet Radioactif et l’installateur de réseau Nomade Télécom sont confiants dans leurs chances de succès, à la veille du lancement officiel de leur service sans fil sur le plateau Mont-Royal à Montréal. Un service qui pourrait aussi un jour s'étendre à la ville de Québec.
Annoncé pour le mois de septembre, le début des opérations est repoussé au mois d’octobre, suite à des délais de livraisons pour des équipements venant d’Europe. D’ici 2009, cette coentreprise, moyennent plus de 20 M$ d’investissements, entend couvrir près de 300 kilomètres carrés à Montréal afin d'offrir le service à environ 90 % des résidants.
«Nous espérons être rentable à la fin de la deuxième année d’exploitation», précise Luc Picard, président de Nomade Télécom. Les déboires enregistrés par certaines villes chez nos voisins du sud, qui font face à des coûts plus élevés que prévu et à une demande chancelante, n’entament pas son optimisme.
San Francisco et Chicago viennent d’enterrer leur projet d’internet sans fil et Philadelphie a des soucis pour payer le sien. Pour EarthLink, en charge du déploiement de ces réseaux, le modèle gratuit choisi par les municipalités ne tient pas la route sur le plan économique. Outre ces abandons, l’opérateur fait face à de grosses difficultés financières qui ont entraîné dernièrement une réorganisation interne et le licenciement de 900 salariés.
«Nous observons ces projets depuis longtemps et désormais on sait à quoi s’attendre», dit Luc Picard. «Par exemple, à Taipei (Taïwan), la municipalité qui a le réseau Wi-Fi le plus développé sur la planète, les instigateurs ont sous-estimé le nombre de bornes nécessaires à une couverture adéquate. Sans compter le bas débit de la connexion, avec au final un nombre d’utilisateurs nettement inférieurs aux estimations», explique-t-il.
Pour lui, développer un réseau gratuit pour tous comme à San Francisco, avec un coût estimé entre 14 et 17 M$ US, est un concept difficilement viable. Même Toronto a adopté le service payant. Bref, les projets ambitieux sont repoussés aux calendes grecques. Pour autant, il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. «Après un fort engouement, les gens se mettent à broyer du noir, mais il s’agit d’un creux de vague, une période d’adaptation nécessaire», anticipe Luc Picard.
«Nous pensons qu’avec des tarifs raisonnables, tout le monde peut accéder à ce genre de réseau là. On ne peut rien donner gratuitement», dit Luc Picard. Nomade Télécom et Radioactif entende offrir un service pour environ 30$ par mois, avec une vitesse de transfert de cinq mégaoctets à la seconde. «Nous on est surtout là pour faire baisser les prix quand on voit ce que chargent nos concurrents dans les services de téléphonie, du cellulaire et d'internet», conclut-il.
Une fois le déploiement complété à Montréal, Luc Picard et son partenaire, Daniel Robichaud, président de Radioactif.com, entendent installer leur réseau sur la Rive-Nord et sur la Rive-Sud. Par la suite, il est aussi prévu de le développer à Québec, Halifax, Toronto, Windsor, Winnipeg, Calgary, Edmonton et Vancouver.



