Pour en profiter : accrochez vos ceintures !
Mathieu Bruckmüller
Malgré un contexte macroéconomique porteur, avec une croissance du PIB qui ne dérougit pas (+10,6% sur un an au premier trimestre), le marché boursier chinois n'a pas les faveurs des gestionnaires.
« C'est un marché très risqué. Cela prend des bonnes pilules contre la crise cardiaque », lance Alain Chung, vice-président exécutif de Gestion de placements Claret. Et pour cause. Après le sommet historique de 6 092 points atteint en octobre dernier, le « Shanghai Composite Index », l'indice de référence à la Bourse de Shangai, dépasse aujourd'hui péniblement la barre des 3 000 points. « Après l'ébullition des neufs premiers mois de 2007 et la correction qui s'en est suivie, le marché est encore vulnérable et va demeurer très volatil. Il y a trop de spéculations », estime Denis Durand, associé et gestionnaire chez Jarislowsky Fraser. De manière générale, il estime que les inquiétudes perdureront tant que les soubresauts dans le secteur financier, aux États-Unis ou en Europe, ne seront pas résorbés.
Trop cher
Pour Carlos Leitao, le marché boursier chinois demeure trop cher. En début d'année, il était valorisé à 30 fois les bénéfices attendus pour 2008. Mais par-dessus tout, le stratège de Valeurs Mobilières Banque Laurentienne estime que, vu d'Amérique du nord ou d'Europe, ce marché reste nébuleux, avec des outils d'évaluation bien différents.
Une analyse partagée par Alain Chung « Personne ne serait capable de me dire ce que valent réellement les entreprises de l'Empire du milieu. Les règles de comptabilité et de gestion sont tellement différentes », relève-t-il. « En Chine, si un CEO fait une mauvaise job, on ne peut pas le mettre dehors. Le concept de démocratie « actionnariale » n'existe pas et cela va durer encore longtemps », entrevoit-il. Pour autant, le gestionnaire se garde bien de dire que le système ne fonctionne pas, au contraire. Seulement, pour un investisseur étranger, les données sur les entreprises cotées en Bourse sont très difficiles à analyser. Pour les irréductibles qui veulent à tout prix profiter du boom chinois, il conseille d'acheter un fonds indiciel le plus diversifié possible. Il croit qu'il est possible de miser sur le marché boursier chinois à long terme. En effet, sur le plan macroéconomique, la Chine va connaître une croissance dynamique tout au long du 21ème siècle, dit-il.
Vers d’autres marchés
Carlos Leitao suggère plutôt d'aller regarder vers d'autres marchés comme celui de Hong-Kong. Mieux réglementé que son voisin, il jouit d'une meilleure réputation. Aux investisseurs qui souhaitent profiter des marchés boursiers émergents, il conseille, au final, de le faire de manière indirecte. Il suggère d'acheter des titres « blue chips » américains ou européens qui ont des activités dans ces pays à l'instar des Coca-Cola ou encore IBM.



