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Le lundi 6 juillet 2009

Teachers remporte son pari

1 juillet 2007 | 09h48
ARGENT 
Michael Sabia, le numéro un de BCE. 

Si la haute direction de BCE s'est fait vertement critiquer pour la façon dont elle a géré le processus de vente de l'entreprise de télécommunications, son conseil d'administration a pour sa part agi avec célérité en choisissant dès hier matin le groupe dirigé par Teachers, le fonds de pension des enseignants de l'Ontario, comme prochain propriétaire.

Teachers vient de réaliser la plus grosse transaction financière de l'histoire canadienne en acceptant de payer 34,8 milliards $ pour acquérir toutes les actions de BCE, en plus de prendre à sa charge sa dette de 16,9 milliards $, mais la caisse de retraite ontarienne vient aussi de remporter son pari.

Parce que c'est Teachers qui a forcé en quelque sorte la haute direction de BCE à mettre en vente l'entreprise lorsqu'elle a avisé, en avril dernier, les autorités boursières américaines qu'elle voulait modifier son statut d'actionnaire principal en vue du dépôt prochain d'une offre publique d'achat sur BCE.

Une semaine après que Teachers eut ouvert son jeu, la haute direction de BCE annonçait qu'elle avait engagé des pourparlers avec un groupe d'investisseurs dirigé par la firme américaine KKR en partenariat avec le Fonds de pension du Canada et la Caisse de dépôt.

Les enchères venaient de commencer, mais Teachers n'a pas abandonné et a même continué d'acheter des actions de BCE pour hausser à 6,8% sa participation dans l'entreprise.

Le consortium mis sur pied par le fonds de pension et qui comprend les firmes d'investissement

Retrouvez aussi des commentaires en vidéo de Jean-Philippe Décarie sur américaines Providence Equity et Madison Dearborn est celui qui a présenté la meilleure offre à BCE, selon son PDG Michael Sabia, qui n'a pas dévoilé hier le contenu des offres concurrentes.

Surenchère possible

Théoriquement, Teachers et son groupe vont devenir propriétaires de BCE au début de l'an prochain, à moins qu'un autre acquéreur potentiel décide de déposer une offre plus alléchante aux actionnaires de BCE, ce qui reste possible mais peu probable.

Telus pourrait revenir à la charge avec une offre bonifiée mais la facture commencerait à être salée.

En plus de devoir payer une prime de quelques milliards de dollars pour acquérir BCE, Telus devrait payer à Teachers des frais de résiliation d'entente de 800 M$, une pénalité assez lourde merci.

Chose certaine, la proposition de Teachers est celle qui assure le meilleur avenir aux employés de Bell Canada au Québec.

Le groupe va maintenir les activités du siège social de BCE à Montréal et ne procédera pas à une rationalisation d'effectifs aussi importante que ne l'aurait fait Telus.

En fait, la seule rationalisation prévisible sera la même que réalise BCE depuis cinq ans alors que le géant des télécommunications a supprimé 9 000 emplois pour réduire ses coûts d'opérations.

Le groupe d'investisseurs dirigé par Teachers va sûrement procéder à la vente de certaines divisions de BCE pour réduire son endettement et ne conserver que les activités les plus directement liées aux télécommunications.

Les médias

On peut penser que Bell ExpressVu et les investissements de BCE dans le secteur des médias vont être délestés par le nouveau propriétaire.

Dans cinq ou six ans, la nouvelle Bell Canada va être réinscrite en Bourse et c'est à ce moment-là que Teachers et ses partenaires vont encaisser leurs profits.

Le fonds de pension des enseignants de l'Ontario vient de réaliser pareille opération avec le groupe Shoppers Drug Mart (Pharmaprix au Québec) et n'a pas eu à réaliser de rationalisation sauvage pour le faire et c'est le même scénario que Teachers souhaite reconduire avec Bell Canada.

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