Une pluie de taxes
Le 1 décembre 2010 à 18h16 | David Descôteaux
Ouf… Je suis content d’être déménagé en banlieue il y a trois ans.
Montréal subit une pluie record, selon Météomédia. Les Montréalais, eux, ont subi une pluie de taxes hier. En tout, leur fardeau fiscal grimpe de 4,3 % en moyenne – qui s’ajoute à la hausse de 5,3 % en janvier dernier, rappelez-vous.
Impôt foncier, taxes sur le fonds de l’eau et des infrastructures, taxe sur les terrains de stationnement, taxe d’immatriculation de 45 $, hausse de votre carte mensuelle de Métro… Ça, c’est votre effort. L’effort de l’administration pour réduire ses dépenses? Rien. Au contraire, on va engager quelque 600 employés de plus, et augmenter les dépenses de 5 %.
Oh, j’oubliais. Il y a une vague promesse d’essayer de réduire les dépenses de 250 millions. Sans mesures concrètes, sans plan pour y arriver. Faites-nous confiance, contribuables.
Ça ressemble au dernier budget du gouvernement du Québec, vous ne trouvez pas? Tout ce qui implique de fouiller plus profond dans vos poches, c’est très concret. Noir sur blanc. Mais pour réduire les dépenses : que des promesses floues.
Réduction de dépenses : mode d’emploi
Avant de saigner davantage les Montréalais et les banlieusards avec des péages ou d’autres sources de revenus, commençons par réduire les dépenses. Sinon, on se retrouvera l’an prochain avec le même problème… et encore des taxes.
Montréal compte trop d’élus. Une centaine, contre seulement cinquante à Toronto, une ville pourtant plus populeuse. Chaque élu a une équipe autour de lui. Combien les Montréalais payent-ils en trop pour cet excès de bureaucratie?
L’organigramme de Montréal est trop lourd. Les fusions n’ont pas livré les promesses d’efficacité qu’elles promettaient. On a créé encore plus de postes payés dans les six chiffres. On se retrouve aujourd’hui avec trop de dédoublements de structures, trop de cadres, trop de dépenses inutiles.
Des mesures cosmétiques, vous dites? OK. Parlons de vraies réformes alors. Comme introduire (attention : bouchez-vous les oreilles et couchez les enfants!) la concurrence dans la livraison de services, comme le transport en commun, la collecte de déchets ou la réfection des rues.
Ça se fait à Londres, en Suède, au Danemark et aux États-Unis. Avec succès. La ville finance et encadre le service, mais des entreprises se concurrencent pour remporter des contrats d'opération d’une durée de 3-4 ans. (Vous me direz : réglons les problèmes de corruption à Montréal avant de se lancer là-dedans, et je suis bien d’accord.)
Avec cette formule, est-ce que la Société de transport de Montréal – qui a haussé les frais à ses usagers de 40 % en huit ans – aurait toujours le contrat des métros et des autobus aujourd’hui? Peut-être, mais ce serait intéressant de pouvoir le vérifier.
Un Rob Ford à Montréal?
Lentement, Montréal pave la voie à un Rob Ford. Ce nouveau maire de Toronto, un ancien coach de football qui ne mâche pas ses mots, s’est fait élire en promettant de faire le ménage dans l’administration de la ville. De réduire les dépenses, d'arrêter de diaboliser l’automobile, et de baisser les taxes des Torontois.
Si Montréal continue à taxer ses citoyens sans réduire ses dépenses, c’est ce qui va arriver d’ici 2-3 ans. D’abord, l’exode vers les banlieues va s’accentuer (les maisons sont déjà hors de prix pour les jeunes familles. Ajoutez les hausses de taxes à répétition, et bonjour la banlieue!) Ensuite, un politicien opportuniste va se pointer. Il va promettre aux Montréalais de faire le ménage à l’Hôtel de Ville, confronter le syndicat des cols bleus, et baisser les taxes.
Et vous savez quoi? Il va probablement se faire élire.
Avouez au moins que ce serait drôle. Écouter un Rob Ford jaser de parcomètres à Montréal avec le maire du Plateau, Luc Ferrandez....
