David Descôteaux

David Descôteaux

David Descôteaux est un des chroniqueurs économiques les plus lus au Québec. Son regard sur les enjeux économiques qui préoccupent chaque jour les Québécois fait jaser et réagir.

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Élaine Zakaïb, Ministre déléguée à la Banque de développement économique du Québec

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Agence QMI

Nouvelles

Une banque de trop

Le 24 avril 2013 à 16h20 | David Descôteaux

 
Bientôt, le Québec aura sa « banque de développement économique ». Une nouvelle structure pour donner des subventions aux entreprises. Elle chapeautera d'autres structures, qui elles-mêmes se divisent en plusieurs structures, et qui... bon. Vous voyez le genre.
 
Ce nouvel organisme n'aura aucune perspective de rendement... mais ne coûtera à peu près rien à l'État, nous assure le gouvernement Marois. Puisqu'on va simplement rebrasser des organismes et fonctionnaires qui existent déjà. Ben oui... Qui est prêt à gager un 20$ là-dessus?
 
A-t-on vraiment besoin d'une « banque de développement économique »? Non. Si on fait la liste des besoins urgents au Québec, des services à améliorer, cette idée arrive probablement à la page 172.  
 
Le Québec est déjà le champion des subventions aux entreprises, avec ses quelques 5, 6 ou même sept milliards $, selon ce que vous incluez. Nous avons des centaines de programmes d'aide et de subventions de toute sorte. Est-ce que ça marche? L'économie piétine, et les investissements privés sont en chute libre dans la province! Pas grave. Continuons. Nos bureaucrates ont plein d'idées pour relancer l'économie. Qui passent par des dépenses, donc des futures taxes qui vont ensuite étouffer l'économie... cherchez l'erreur. 
 
Le rôle de l'État?
 
Les entreprises québécoises payent déjà près de 30 % plus de taxes sur la masse salariale que leurs concurrents ailleurs au pays. Et à chaque nouvelle subvention que le gouvernement donne, chaque nouvelle « structure » qu'il invente — structure qui vient avec son lot de fonctionnaires et leurs pensions à vie, de cadres et leurs bonis, etc. —, on taxe dans le futur nos entreprises et nos consommateurs. Bref, on se tire dans le pied.  
 
Mais cela ne devrait surprendre personne. Hier, en fouillant pour cette chronique, je suis tombé sur une déclaration de la ministre déléguée à la Politique industrielle du PQ, faite à la Presse Canadienne : « c'est le rôle de l'État de créer de nouvelles entreprises ». Elle parlait de l'intervention de la future banque dans le secteur du capital de risque.
 
C'est le rôle de l'État de créer de nouvelles entreprises... Qu'une telle déclaration passe comme dans du beurre dans nos médias, c'est pour le moins décourageant.    
 
Écoutons les PME
 
J'ai toujours pensé que la meilleure façon d'aider les entreprises, c'était d'écouter ce qu'elles ont à dire. Or la grande majorité des membres de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI) — principalement des PME — souhaiteraient une diminution de taxes, en échange d'une baisse des subventions aux entreprises. L'inverse que ce que nos politiciens proposent, quoi.
 
Évidemment, avec des baisses d'impôts au lieu des subventions, les contribuables économiseraient sur les coûts d'administration de tous les organismes. On enlèverait du même coup un bonbon aux politiciens et bureaucrates : le pouvoir de décider quelle entreprise mérite une subvention, ou quelle région doit être privilégiée. Pour ces raisons, une telle réforme s'avère presque impossible. Ceux qui en profitent ne lâcheront pas le morceau...  
 
L'ironie dans tout ça, c'est que le ministre des Finances Nicolas Marceau, avant d'être élu, avait affirmé qu'« on donne plusieurs milliards de dollars par année en aide directe aux entreprises, mais de toute évidence, cette stratégie ne fonctionne pas ». Il proposait quoi? (Roulement de tambour...) De baisser le taux d'impôt de toutes les entreprises, et de réduire les subventions!
 
On a souvent de meilleures idées quand on n'est pas au pouvoir. 

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