David Descôteaux

David Descôteaux

David Descôteaux est un des chroniqueurs économiques les plus lus au Québec. Son regard sur les enjeux économiques qui préoccupent chaque jour les Québécois fait jaser et réagir.

Voir sa page

Un plan de match pour 2013

Le 27 décembre 2012 à 16h28 | David Descôteaux

Hier, je vous parlais d'une étude du Boston Consulting Group. Elle s'intitule « Ending the Era of Ponzi Finance ». Une lecture incontournable pour comprendre l'état de l'économie mondiale à l'aube de 2013.

Mais l'auteur ne fait pas qu'énoncer la liste des problèmes qui plombent l'économie (principalement l'endettement, qui mine à la fois la croissance actuelle et la croissance future). Il propose aussi dix pistes de solution, que je résume ici :

— S'attaquer aux dettes. Et tout de suite. Toutes les parties prenantes devront contribuer. Cela inclut des annulations de dettes, des restructurations de celles-ci, l'austérité, des hausses de taxe, et même de l'inflation pour diminuer la valeur des dettes.

Revoir les promesses intenables. Les politiciens doivent reconnaître que les milliards en promesses de retraite ou de programmes sociaux futurs sont hors de contrôle. Et ce, dans plusieurs pays développés. Il faut se sortir la tête du sable et trouver des mesures pour ramener ces coûts sous contrôle. Et ça inclut de renier certaines promesses.

Rendre l'État plus efficace. Un oxymoron? Souhaitons que non. En faisant plus avec moins, l'État pourrait réduire son poids dans l'économie, sans nécessairement sabrer les services et les dépenses prévues.

Contrer la baisse de main d'œuvre à venir. Par exemple en augmentant la participation des travailleurs âgés sur le marché du travail. Et même celle des femmes, dans certains pays. Aussi, en stimulant une hausse de la natalité par des mesures bien ciblées.

Renverser la tendance démographique. En plus des mesures proposées dans le point ci-haut, les pays développés devront accueillir encore plus d'immigrants. Plus de « bras », pour produire plus. Idéalement, les plus motivés et les mieux éduqués.

Investir en éducation. La qualité de l'éducation est un facteur décisif pour tirer le meilleur parti du talent entrepreneurial des citoyens. Et ainsi augmenter le potentiel de croissance des économies développées.

Réinvestir dans les infrastructures. Une clé de la productivité, trop longtemps négligée par de nombreux pays développés.

Faire plus avec moins de ressources. Si l'ère des ressources à faible coût achève, ce ne sera pas un choix. Les pays riches devront rompre le lien de dépendance entre développement économique et forte consommation de ressources.

Coopérer globalement. La concurrence entre nations stimule la création de produits novateurs. Mais une plus grande coopération est aussi nécessaire entre pays développés pour répondre aux défis communs. Et pour éviter de sombrer dans le cercle vicieux du protectionnisme et du chacun-pour-soi.

Provoquer une nouvelle vague de croissance. Pour y arriver, le monde développé — notamment ses gouvernements — doit faciliter la tâche aux ingénieurs et aux scientifiques afin qu'ils innovent. Ils doivent également encourager la prise de risque, et retirer les bâtons des roues des entrepreneurs pour permettre à ceux-ci de lancer de nouvelles entreprises.

Tout un programme! Surtout connaissant la nature des politiciens, qui préfère repousser les difficiles réformes à plus tard. Jean-Claude Juncker, premier ministre du Luxembourg cité dans l'étude, résume bien pourquoi les politiciens seuls seront incapables d'y arriver. « Nous savons tous quoi faire, nous ne savons juste pas comment nous faire réélire après avoir fait tout ça... »

Une nouvelle ère débute. La fin du party à crédit. Attendez-vous à moins de services, plus de taxes et de contributions de toute sorte, et à un marché du travail où ça va jouer dur pour les années à venir. Les politiciens ont un rôle à jouer : celui de se greffer des couilles. Et d'agir comme des leaders — c'est-à-dire accepter de déplaire à plusieurs groupes, pour le bien commun. Plus vite nous acceptons d'avaler la pilule, et enclenchons des réformes nécessaires, plus vite nous mettons la table pour une reprise économique durable et prospère pour tous.

 

***

Pour recevoir mes chroniques sur votre fil de nouvelles Facebook : http://daviddescoteaux.com/facebook , et cliquez sur l'onglet «Subscribe».

Sur Twitter : je n'y suis pas, mais mon « robot » y est. Il retweet automatiquement mes chroniques et autres publications. Pour l'ajouter à vos listes: @argentdesautres

 

 

Commentaires :