David Descôteaux

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David Descôteaux est un des chroniqueurs économiques les plus lus au Québec. Son regard sur les enjeux économiques qui préoccupent chaque jour les Québécois fait jaser et réagir.

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Santé : des solutions existent

Le 23 octobre 2012 à 16h03 | David Descôteaux

« Faire moins avec plus ». Ça ferait un bon slogan pour plusieurs services gouvernementaux, vous ne trouvez pas?

C'est ce qui me vient en tête quand je lis la récente étude du Centre sur la prospérité et la productivité, des HEC. En 2009, le Québec dépensait environ 4881 $ par habitant en services de santé. C'est 530 $ de plus que le Danemark, et plus de 1400 $ de plus que des pays comme le Royaume-Uni ou la Finlande.

Malgré tous ces beaux dollars, c'est au Québec que les délais d'attente pour des chirurgies sont les plus longs. Et qu'il est le plus compliqué de voir un médecin. Rappelons que plus du quart des Québécois n'ont pas accès à un médecin de famille. Juste à côté, en Ontario, ce pourcentage oscille autour de 10 %.

Le manque de médecins au Québec est grandement responsable. Mais des solutions existent pour améliorer ce portrait.

Mot clé : concurrence

Notre ministre de la santé devrait se faire tatouer un mot dans le front : « concurrence ». Pour qu'il le voie chaque fois qu'il se brosse les dents. Matin, midi et soir.

Pendant qu'on s'obstine sur les vertus du public versus le privé, ou oublie l'essentiel : peu importe qui fournit le service, il faut de la concurrence entre les fournisseurs. Afin de les rendre imputables. De les inciter à produire mieux, et à meilleur coût.

Or, injecter une dose de concurrence dans notre système est tout à fait possible, sans tout chambouler, ou tout privatiser.

L'étude du HEC cite des exemples de pays sociaux-démocrates scandinaves. Où certains gouvernements payent les hôpitaux en fonction de la quantité de soins qu’ils prodiguent aux patients (au lieu d'une enveloppe déterminée d'avance). Les hôpitaux se font donc concurrence entre eux pour attirer un maximum de patients. Comment? En offrant le meilleur service possible, et le moins d'attente possible. Les patients s'informent de la « performance » de chaque hôpital, et choisissent celui où ils vont se faire soigner. De cette façon, on incite les hôpitaux à se dépasser pour attirer des patients, donc des revenus.

Ce système est-il parfait? Non. Peut-il mener à certains dérapages? Sûrement. Mais il faut le voir comme un point de départ. Le Danemark, poursuit l'étude, semble avoir trouvé un bon équilibre. En donnant seulement la moitié du financement d'un hôpital selon la quantité de soins donnée. La productivité a augmenté, et les délais d’attente ont diminué. Et on ne rapporte aucune dérive.

Aux Pays-Bas, les citoyens peuvent souscrire à des assurances privées (sacrilège!) Mais les compagnies d'assurances ne peuvent refuser des clients. Et pour garantir un accès universel au système, le gouvernement verse une allocation aux familles dont les primes représentent plus de 5 % de leurs revenus. Social-démocratie efficace? Ouverture au privé? Appelez ça comme vous voulez, mais ça marche.

Ici encore, la concurrence joue : la compagnie d'assurance peut refuser de renouveler les contrats avec les hôpitaux. L'administration de l'hôpital doit donc offrir un bon service, et à meilleur coût si elle veut négocier de bons contrats avec les compagnies d’assurances, explique l'auteur. De la même façon, les citoyens peuvent changer de compagnie d'assurance s'ils sont insatisfaits de leur couverture.

Pendant ce temps...

Ici, les hôpitaux reçoivent un financement déterminé d'avance. Chaque nouveau patient qui se pointe à l'urgence, au lieu d'être une source de revenus, devient en quelque sorte un coût supplémentaire. Les motivations sont inversées.

C'est triste, dans le fond. Car je n'ai aucun doute sur la dévotion, le professionnalisme, le travail d'arrache-pied et la qualité des gens qui forment le cœur de notre système de santé. Mais si on ne change pas les règles du jeu, on continuera à rendre la tâche impossible à ceux qui veulent améliorer le système. On continuera de gaspiller leurs efforts, parfois surhumains.

 

 

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