David Descôteaux

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David Descôteaux est un des chroniqueurs économiques les plus lus au Québec. Son regard sur les enjeux économiques qui préoccupent chaque jour les Québécois fait jaser et réagir.

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Rien de réglé

Le 4 septembre 2012 à 17h17 | David Descôteaux

Peu importe qui a gagné l’élection, les entreprises québécoises ne sont pas très enjouées par ce qui les attend.

(Au moment d’écrire ces lignes, le résultat de l’élection était inconnu.)

Ça devrait maintenant être clair pour tout le monde. Il n’y aura pas, ou très peu, de réductions de dépenses de l'État. Quant au développement de gaz de schiste ou de pétrole, il trouvera sur son chemin une forte opposition. Les bénéfices du Plan Nord, eux, sont peut-être surestimés.

Donc, tout passe par la sacro-sainte croissance économique. Cette croissance a l'heureux effet, pour le gouvernement, d'apporter plus de taxes et d'impôt dans ses coffres. Les cadres financiers que nous ont présentés les partis montrent qu'ils misent beaucoup (trop?) sur une reprise forte de l'économie. Il faudra donc que nos entrepreneurs et nos PME trouvent le moyen de créer de la richesse.

Qui va payer?

À ce sujet, sont-ils optimistes? Pas vraiment. Ils sont plutôt craintifs.

« Avec l'État des finances publiques et le contexte économique incertain, le reality check va venir vite! » dit Martine Hébert, vice-présidente pour le Québec à la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI). Elle souligne que l'optimisme des PME canadiennes et québécoises n'a jamais été aussi bas depuis juillet 2009. Dans cette campagne, dit-elle, plusieurs sont restés sur leur appétit. On a peu débattu des questions de fond qui guettent la société québécoise : la dette, l'iniquité des régimes de retraite et le vieillissement de la population. Car ne l'oublions pas : les dépenses en santé, elle, vont continuer à augmenter...

« 93 % de nos membres considèrent que classe moyenne est trop taxée. À un moment donné, il faut arrêter de s'endetter. Il faut payer nos dettes, et vivre selon nos moyens. Et mettre en place un contexte où on va créer plus de richesse ».

« On a multiplié les promesses, qui seraient financées avec des réductions de structures dont les économies restent à prouver », me dit au téléphone Norma Kozhaya, économiste en chef au Conseil du patronat. « Aussi, on mise beaucoup sur des revenus de croissance économique ou de secteurs en particulier, mais qui demeurent incertains ». La situation budgétaire demeure donc une préoccupation, dit-elle, car la question demeure : qui va payer la facture de ces promesses? Et si on impose davantage les gens ou les entreprises, l'économie va en souffrir.

Cercle vicieux

Ainsi se trace le cercle vicieux de la création de richesse au Québec. Comme l'État peine à contrôler ses dépenses, les taxes sur la masse salariale, entre autres, augmentent rapidement. Pour un même employé, ces taxes coûtent 31 % plus cher à un entrepreneur québécois qu'à un entrepreneur ontarien, selon Mme Kozhaya. Et pour l'ensemble des contribuables — qui sont aussi des clients de ces entreprises —, les taxes à la consommation augmentent. Ce qui réduit leur argent disponible pour dépenser.

Pour aider le secteur privé à générer de la croissance économique — et donc des revenus pour l'État —, le gouvernement doit dépenser moins, et mieux. Sinon, il continuera d'alourdir les consommateurs et les entreprises avec de nouvelles taxes.

Une logique simple, mais complètement évacuée de cette dernière campagne électorale. On n'a rien réglé.

 

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