Qui a peur de François Legault?
Le 28 août 2011 à 16h33 | David Descôteaux
Faites attention! Un Bonhomme Sept Heures rôde sous la fenêtre de votre chambre à coucher, le soir.
Il s'appelle Frankenstein Legault (ou François, je suis pas sûr). Il mijote des gestes « radicaux » et « brutaux », d'après Jean Charest. Legault dit vouloir se faire élire, rester un seul mandat de 5 ans, et s'en aller. Ouuuh....
En bon père de famille, Jean Charest veut nous protéger.
Please... Quelqu'un peut-il dire à M. Charest que le Québec a besoin de gestes radicaux en ce moment?
C'est fou comme on oublie vite. Le Conference Board, il y a moins d'un an, nous lançait un seau d'eau froide en plein visage. Le déficit annuel (quelque 3 milliards $ cette année) va se creuser à 45 milliards $ en 2030 si on demeure les bras croisés. Principalement à cause des coûts de santé, liés au vieillissement de la population. Les dépenses en santé vont plus que tripler, et accaparer deux tiers du budget (comparé à moins de la moitié aujourd'hui).
Pour maintenir le statu quo (couper nulle part), il va falloir payer une TVQ à 19,5 %! Le message était clair : réveillez-vous! Cessez de vivre au-dessus de vos moyens, ou vous le payerez cher plus tard.
Et le Conference Board était optimiste! Ses calculs ne tenaient pas compte d'une rechute économique mondiale, ou d'un marasme prolongé. Scénario qui devient plus probable chaque jour.
Jean Charest le radical
On fait quoi depuis un an? On dépense autant, sinon plus. Au lieu de réformer l'État, les libéraux s'apprêtent une fois de plus à piger dans nos poches. De nombreuses hausses de tarifs viendront nous frapper d'ici quelques mois.
Cela fait huit ans que le parti libéral trône au pouvoir. Je n'ai pas l'impression que leurs solutions à la petite cuillère ont réglé quoi que ce soit. Peut-être M. Charest devrait-il lui-même envisager des solutions « radicales » ou « brutales »?
On ne parle pas ici de couper sauvagement, ou de jeter les pauvres à la rue. Mais de faire des choix. Et de trouver des solutions pour livrer les services — notamment en santé — de façon plus efficace, moins lourde et moins coûteuse. C'est possible.
Malheureusement, le geste le plus radical des libéraux se résumera à avoir fait exploser la dette du secteur public. Notre carte de crédit collective s'est alourdie de près de 60 milliards $ depuis 2003! (Incluant l'année en cours.) Radical. Malgré cela, nous végétons encore plus longtemps dans les urgences (quand on n'y meurt pas). Et des blocs de béton s'effondrent sur notre tête quand on roule. Brutal.
Qui a peur de François Legault? Ses volontés de réformes demeurent timides, et risquent peu de changer, à terme, la direction qu'emprunte le Québec. Si le chef libéral essaie de dépeindre Legault en épouvantail devant les médias, ce n'est pas pour nous protéger. C'est pour se protéger lui-même, et la réélection de son parti.
C'est comme si M. Charest travaillait fort pour éviter que les Québécois, radicalisés par ce qu'ils perçoivent comme une piètre gestion, le mettent brutalement à la porte.
