Par la poche d'en arrière
Le 22 novembre 2012 à 17h03 | David Descôteaux
Décidément, les contribuables n'ont nulle part où se cacher.
Dans le dernier budget, Mme Marois a promis de couper 150 millions $ dans les commissions scolaires. Autrement dit, la bureaucratie doit faire un effort, pas vous. Mais faudrait être naïf pour penser que votre portefeuille est en sécurité. Parce que des commissions scolaires vont venir vous chercher par la poche d'en arrière... avec les taxes scolaires!
Plusieurs d'entre elles n'auront « pas le choix » de hausser les taxes scolaires pour équilibrer leur bilan, semble-t-il. « Avec de telles compressions, nous sommes rendus à 500 millions $ en trois ans, les contribuables risquent de se retrouver avec la facture », a expliqué Josée Bouchard, présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec, à Argent.
Permettez-moi d'être sceptique un brin quand je les entends affirmer qu'elles n'auront « pas le choix » de nous taxer davantage... Rappelons que le vérificateur général Renaud Lachance, en 2010, avait conclu qu'en raison du moins grand nombre d'élèves dans plusieurs commissions scolaires, on pourrait réduire leur nombre. Aussi : que les commissions scolaires, individuellement, pouvaient économiser en frais d'administration.
Des économies de quelques millions peuvent sembler des « pinottes ». Mais comme dirait celui dont on s'ennuie presque, Jean Charest, « si on est pour manger un éléphant, on est mieux de le manger une bouchée à la fois... » Surtout : il est temps d'envoyer un message aux contribuables. Comme quoi de réels efforts seront faits avant fouiller encore une fois dans leur portefeuille.
Enfin, c'est le concept même de commissions scolaires qui devrait être revu. Vivement un transfert des ressources — au moins en partie — directement dans les écoles afin de leur donner plus d'autonomie. Quand on sait que dans certaines écoles, même le chauffage des classes est contrôlé depuis la commission scolaire... Ça en dit long sur l'enflure bureaucratique du système.
Dans une perspective plus large, cette nouvelle en dit long sur ce qui nous attend. Je demeure convaincu que d'ici trois ou quatre années au plus — peu importe le gouvernement au pouvoir —, un politicien va sortir une hache de son garde-robe, et la « swigner » à droite et à gauche pour couper drastiquement les dépenses de l'État. Parce qu'il n'aura plus le choix. Mais d'ici à ce qu'on frappe le fameux « mur », soyez sûrs d'une chose : avant de se mettre au régime, même un peu, l'État va vous taxer jusqu'à l'os. Et de toutes les façons possibles.
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