David Descôteaux

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David Descôteaux est un des chroniqueurs économiques les plus lus au Québec. Son regard sur les enjeux économiques qui préoccupent chaque jour les Québécois fait jaser et réagir.

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Legault et le méchant privé

Le 16 août 2012 à 16h48 | David Descôteaux

Pour la première fois depuis que je vote, j'ai une drôle d'impression : je dois choisir le parti le moins dangereux. Non seulement pour nos finances publiques, mais maintenant pour notre épargne personnelle.

Mon collègue Richard Martineau disait récemment que nous risquons de voter en nous pinçant le nez. Moi je vais voter en tenant mon portefeuille serré dans mes deux mains...

Dans la catégorie « idée brillante du jour », François Legault est revenu sur un éventuel régime volontaire d'épargne-retraite. L'intention est noble, mais loin de la réalité de la majorité des gens. Qui, après avoir payé leurs impôts, taxes, loyer, essence et bouffe, n'en ont même pas assez pour leur REER déjà existant.

Là où ça dérape (encore!) : il en confierait la gestion non pas à des gestionnaires de fonds privés — comme votre conseiller ou la banque avec laquelle vous faites affaire pour vos REER —, mais à la Caisse de dépôt... Encore elle!

Où sont les bandits?

Les Québécois seront rassurés de confier leur argent à l'État plutôt qu'au privé, a dit M. Legault. Rassurés? Vraiment? Doit-on encore une fois rappeler la perte de près de 40 milliards $ de la Caisse en 2008? Doit-on ajouter que la CAQ, comme le Parti Québécois, veut utiliser l'argent des déposants de la Caisse pour jouer au casino et assouvir ses fantasmes nationalistes? Et aussi, serait-ce logique qu'un seul gestionnaire gère les fonds de retraite de milliers de personnes dont l'âge et les besoins diffèrent grandement?

Mais ce qui agace vraiment, c'est que M. Legault cultive encore une fois ce préjugé selon lequel privé = méchant, public = gentil. « On sait au Québec ce qui est arrivé avec les Vincent Lacroix, les Earl Jones et compagnie, a dit le chef de la CAQ. Je pense qu'on n'est pas prêt de retrouver la confiance de la population à l'égard des entreprises qui investissent les fonds des citoyens ».

Ouf... Ces propos ont mis en colère beaucoup de gens dans l'industrie de la finance au Québec, avec raison.

Je répondrais à M. Legault : « On sait au Québec ce qui est arrivé avec la dette, les régimes de retraite publics déficitaires, les gaspillages et les mensonges à chaque élection. Je pense qu'on n'est pas prêt de retrouver la confiance de la population à l'égard des politiciens qui dépensent les impôts des citoyens... »

Alors enlevons le contrôle des politiciens sur un tas de programmes, et confions ces services au privé. Ce serait logique, n'est-ce pas M. Legault?

Longue vie à l'État

Pour plusieurs, la CAQ représente le seul choix logique, parmi les partis susceptibles de gagner, pour un virage vers un peu moins d'État et plus de responsabilité individuelle. C'est de moins en moins vrai chaque jour.

Dans cette élection, chaque grand parti veut plus d'État. On veut que l'État aide les familles. On veut que l'État « protège la langue ». On veut que l'État « protège nos entreprises ». On veut que l'État — juste l'État — nous soigne. Qu'il nous éduque. Qu'il garde nos enfants. On veut que ce soit l'État qui crée les emplois. Qu'il s'occupe des fermiers, de ce qu'on mange. Qu'il gère notre épargne...

Le diabolique privé? Le moins possible, svp.

De toute façon, encore quatre ou cinq élections comme celle-ci, et on en sera débarrassé. Une fois pour toutes.

 

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