Le ciel peut tomber
Le 25 mai 2012 à 9h04 | David Descôteaux
Seriez-vous capable d’encaisser le coup si votre maison perdait presque la moitié de sa valeur?
Il semble que oui, selon l’agence de notation DBRS. Selon elle, le ménage canadien moyen pourrait encaisser une baisse du prix des maisons de… 40 %!
Avant d’élaborer sur cette conclusion un brin optimiste, le rapport contient plusieurs chiffres intéressants sur la surchauffe immobilière des dernières années, et sur l’endettement des Canadiens.
— Depuis 1990, le prix moyen d’une maison s’est apprécié de 141 %. Mais la dette hypothécaire, elle, a explosé de 374 %, pour atteindre 1100 milliards $.
— La dette totale des ménages a quant à elle augmenté de 381 %, pour atteindre 1600 milliards $.
— Entre 1990 et 2011, le prix moyen d’une maison au Canada est passé de 3,4 à 4,9 fois le revenu brut moyen d’une famille. Le ratio d’endettement au revenu disponible est pour sa part passé de 73 % à 153 % pendant la même période.
Le ciel va-t-il nous tomber sur la tête pour autant? Non, si on en croit DBRS. Car le ménage canadien possède en moyenne une valeur nette qui se chiffre à près de 430 000 $. Et l’équité immobilière ne compte que pour 156 000 $, soit 36,5 % du total. C’est pourquoi DBRS croit que le ménage canadien moyen peut résister à une baisse de 40 % de la valeur de sa maison.
Mais ça, c’est si les autres actifs financiers (comme les placements) ne perdent pas de valeur. Et si rien ne changeait dans l’économie, ce qui est assez difficile à imaginer.
Le problème, note le rapport, c’est que vu leur endettement élevé, les ménages canadiens sont « étirés » financièrement. Et donc très vulnérables à une perte de revenus, ou à des dépenses imprévues.
Une tempête parfaite formée de taux d’intérêt en hausse, baisse de valeur de la maison et contraction de l’emploi deviendrait vite inquiétante, note la firme. Des taux d’intérêt en hausse forceraient les gens à moins consommer, pendant que certains acheteurs ne pourraient plus se qualifier pour un montant donné d’hypothèque, ce qui mettrait une pression à la baisse sur les prix. Si en plus l’économie reculait et le chômage augmentait, plusieurs ménages serrés financièrement devraient vendre leur maison, exerçant aussi une pression à la baisse sur les prix.
En d’autres mots, les Canadiens sont « riches en maison », mais « pauvres en liquidités », comme le résume le titre du rapport. Seul petit problème : la « richesse » issue de sa maison est en partie une richesse sur papier. Les dettes, elles, ne disparaîtront pas.
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