David Descôteaux

David Descôteaux

David Descôteaux est un des chroniqueurs économiques les plus lus au Québec. Son regard sur les enjeux économiques qui préoccupent chaque jour les Québécois fait jaser et réagir.

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Face à la réalité

Le 28 octobre 2012 à 11h41 | David Descôteaux

L’« Alliance sociale », formée de sept syndicats et de deux associations étudiantes, demande au PQ de renoncer à l'équilibre budgétaire. Pour le moment. (Sans dire, bien sûr, combien de temps durera ce « moment ».)

L'économie québécoise manque de vigueur, dit-elle en chœur. Et les engagements financiers du gouvernement sont plus importants que prévu.

Hum... les « engagements financiers » du gouvernement seront TOUJOURS plus importants que prévu. Tant qu'on ne mettra pas le gouvernement au régime. C'est justement ça le point!

L'alliance pour le statu quo infini devrait cesser de tourner autour du pot. Et nous dire que le moment n'est JAMAIS bon pour l'équilibre budgétaire. Qu'il faut coûte que coûte maintenir tous les emplois syndiqués de la fonction publique. Et si possible, en créer des nouveaux...

Ça aurait au moins le mérite d'être franc.

Car ce qu'on propose, en fait, c'est de maintenir en place l'écran de fumée qui nous sépare de la réalité. De continuer à prétendre qu'on peut se payer tout ce qu'on se paye, et continuer d'endetter les générations futures. Beau projet de société!

La fin des illusions

Ce dont nous avons plutôt besoin, c'est de mettre fin aux illusions. Et porter au pouvoir un gouvernement qui cessera de se faire complice dans le maintien de celles-ci.

C'est le réputé chroniqueur conservateur George Will qui exprimait ce point de vue dans une récente chronique du Washington Post. Ici comme là-bas, des promesses irresponsables ont été faites pendant une ère de prospérité. Et ce qu'on appelle aujourd'hui des « acquis » sont maintenant coulés dans le béton, et aucun politicien n'a le courage de s'y attaquer. Il existe, par exemple, un fossé énorme entre les obligations de l'État envers ses futurs retraités, et sa capacité à payer ces obligations.

Le professeur de droit Michael Greve, cité dans la chronique, suggérait de présenter aux retraités une feuille de papier. Qui indiquerait la différence entre la valeur de ce qu'ils ont contribué dans leur fonds de pension, et la valeur de ce qu'ils vont recevoir. Et leur demander ensuite : qui selon vous devrait travailler et payer de ses poches tous ces millions (milliards?) manquants?

Nos limitations

Le cœur du problème, note Will, est que le système démocratique accouche d'un gouvernement qui représente les préférences du public. Mais ces dernières sont le fruit de la nature humaine. Or, les gens ont tendance à fuir certains problèmes. Et ne les affronter que s'ils sont acculés au pied du mur.

Plus gros le gouvernement, plus nombreux les programmes de toute sorte, plus nombreuses les fois où ces « vices privés » vont se manifester. C'est pourquoi il faut limiter le gouvernement, écrit Will. À cause des limitations du peuple...

Mais pour l’« alliance sociale », il ne faut pas limiter le gouvernement. Pas tout de suite. Ce n'est jamais le bon moment pour faire face à la réalité.

 

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