Et vogue le paquebot...
Le 21 février 2012 à 19h06 | David Descôteaux
Une campagne électorale s'annonce. On va entendre quoi, vous pensez? Pauline Marois va nous parler de souveraineté, ou de voter à 16 ans? Jean Charest va mettre son casque de construction et exagérer les vertus du Plan Nord? François Legault va nous convaincre qu'il faut une seule automobile par famille?
Je rêve ou quoi? Je comprends que les gens ne s'intéressent pas aux chiffres. Et qu'ils ont de la misère à voir plus loin que demain matin. Mais cibole! C'est justement le travail des politiciens de voir plus loin que demain.
Bientôt dans le trouble
Répétons pour la ixième fois : une énorme partie de nos concitoyens approchent de leurs vieux jours. Selon le Conference Board, les dépenses de santé vont tripler d'ici 20 ans. Elles accapareront deux tiers de tous les revenus. Ajoutez à cela le service de la dette, et on atteint plus du trois quarts du budget! Comment va-t-on payer tout le reste? Si on ne fait rien, faudra monter la TVQ jusqu'à 19,5 %, dit le Conference Board.
Un débat national fait rage sur une hausse de 350 $ par session d'université. Mais quand vient le temps de parler des milliards qui vont manquer pour maintenir notre qualité de vie, on s'enfonce la tête dans le sable.
Croissance à crédit
Depuis quelques années c'est surtout l'endettement des citoyens, mais aussi du gouvernement, qui tire la croissance économique. Sans lui, le château de cartes s'écroule. C'est vrai ici comme ailleurs. Au Québec, notre PIB va croître de 1,4 % l'an prochain, selon Desjardins. Mais notre dette totale du secteur public, elle, augmente de 5 %. Toutes les deux semaines, on s'endette d'un nouveau Colisée.
Si on veut continuer de croître par endettement, il faudra toujours plus de dettes. Quand le manège va arrêter de tourner (comme il menace de faire depuis 2008), on va tomber en bas du cheval, et se la péter solide.
On peut toujours nier cette réalité. Mais chaque année qui passe nous fera tomber de plus haut.
Pas dans ma cour!
Oui, je sais. Les gens ne veulent rien couper. Monsieur et madame Tout-le-Monde font difficilement le lien entre chaque dépense, et son coût en impôts et taxes. Et ça n'aide pas quand des spin doctors leur balance des inepties du genre : « bah, ce programme-là ne coûte que 20 $ par année pour chaque citoyen, on peut se le payer! » Le problème, c'est que les 20 $ s'accumulent. Et un beau jour, on se retrouve à donner la moitié de notre chèque de paye au gouvernement en impôts, taxes et cotisations de toute sorte.
Pourtant, s'il y a une chose sur laquelle la droite et la gauche devraient s'accorder, c'est l'urgence d'agir. Parce que même si on est à gauche et qu'on veut garder tous nos programmes sociaux, ce sera mathématiquement impossible. Il faut faire des choix. La droite et la gauche commencent à en débattre, mais les politiciens?
Alors Mme Marois, M. Charest et M. Legault, tout est rose bonbon? Sentez-vous une urgence d'agir? C'est quoi votre plan pour nous sortir de ce trou?
Conseil aux étudiants
Saviez-vous qu'on pourrait payer pour vos demandes en réduisant d'à peine 5 % l'aide aux entreprises? Pourquoi ne pas proposer au gouvernement de prioriser l'éducation « gratuite », et d'éliminer le même montant ailleurs dans ses dépenses, en suggérant des exemples concrets? Ça ferait changement.
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