Le vendredi 10 février 2012

Lancer son entreprise sur le dos des autres

27 octobre 2008 | 04h00
Anne Marcotte | ARGENT 
 

J'ai toujours eu le dos large. Très large. Je suis de ceux et celles qui sont capables d'en prendre. D'en ramasser... comme on dit en bon français. C'est dans ma nature d'être ainsi. Et ça ne me rend pas malheureuse. À condition de demeurer la seule personne à pouvoir en abuser.

Ça faisait environ trois ans que notre entreprise avait entamé ses activités. Les affaires commençaient à être plutôt bonnes. La situation semblait vouloir évoluer avec plus de stabilité. Et je sentais légèrement moins de pression sur mes épaules.

On venait d'embaucher une personne pour occuper un poste d'adjointe, afin de m'épauler dans le développement des affaires. Il s'agissait d'une jeune femme recommandée par l'une de mes bonnes amies.

NOUVELLES RESPONSABILITÉS

La recrue était très contente d'accéder à ce nouvel emploi. Je lui confiais, au fur et à mesure, de plus en plus de tâches et de responsabilités. Elle semblait apprécier particulièrement tout ce qui concernait le service à la clientèle. Je n'hésitais donc pas à l'impliquer à ce niveau. Et je lui donnais le "coaching" nécessaire afin qu'elle puisse en mener un peu plus large.

Elle s'était vraiment bien intégrée à l'organisation. Rapidement, elle avait réussi à créer des liens d'amitié avec certains membres de notre équipe de production. Je voyais bien que ces liens ne cessaient de se resserrer. Je me disais que tout cela était bénéfique pour notre organisation.

Le fils de l'un de nos meilleurs clients semblait aussi partager pas mal d'atomes crochus avec notre employée. Pas à pas, je finis donc par lui confier entièrement la gestion du service à la clientèle pour ce dossier client. Cela permettait de me libérer du temps pour servir d'autres clients.

DÉPART

Un beau matin, j'appris que la recrue avait décidé de quitter notre écurie. Sans trop me donner les raisons précises de son départ. Le tout s'exécuta rapidement.

Ce départ, s'ajoutant à deux autres démissions que nous venions tout juste d'encaisser du côté de la production, entraînait pour moi bien du travail supplémentaire.

Sur le coup, je ne vis rien de particulier dans cette histoire de départs quasi simultanés. Outre le fait que la gestion et la mobilisation des ressources humaines demeuraient, de toute évidence, les défis les plus importants pour notre entreprise.

LE POT AUX ROSES

Quelques semaines plus tard, je reçus l'appel d'un fidèle client. Il m'informa avoir été joint par d'anciens employés de notre boîte. Ces derniers lui disaient être en mesure de répondre entièrement à ses besoins, et ce, pour une fraction du prix.

"Anne, je te respecte beaucoup. Et nous n'avons pas l'intention de changer de fournisseur. Vérifie tout de même ce qui se passe avec ces gens-là, ça sent l'arnaque !", me lança mon interlocuteur.

Finalement, j'appris que mes ex-employés et le fils de l'un de mes clients s'étaient bel et bien lancés en affaires avec une copie de nos logiciels, la liste de nos clients et les démos du portfolio de notre entreprise.

CE QUE J'AI COMPRIS...

Ces gens-là ont assurément pensé que lancer une entreprise sur le dos des autres représentait une bonne affaire. Grave erreur. Car une entreprise qui tente de prendre son départ de cette manière en est une que le marché risque d'étiqueter sans âme et sans valeur. D'ailleurs, ils ne réussirent même pas à passer au travers leur première année. Ce qui fut, pour moi, un grand bonheur.

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Femmes d'affaires, affaires de femmes, c'est une tribune pour vous ! Je vous remercie de partager avec moi vos rêves, vos ambitions, vos anecdotes stimulantes, vos succès, vos inquiétudes, etc.

Vos courriels sont nombreux et toujours intéressants. À la semaine prochaine.

anne.marcotte@vivemtia.ca

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