Le jour de la marmotte
Anne Marcotte
«Tu connais ce film?» m’avait demandé un de mes amis. Il venait de démarrer son entreprise. L’air découragé, il m’expliqua avoir l’impression de revivre, jour après jour, la même histoire. De se sentir dans une boucle sans fin. «Connais-tu quelqu’un qui a déjà vécu quelque chose d’aussi prenant que ça Anne?». Voyons-voir…
Lundi dernier, hall d’entrée de l’édifice du bureau. «J’ai piraté le site Internet de l’un de tes clients. Donne-moi un mandat si tu veux que je te transmette des détails ou sinon je pourrais bien décider de contacter directement ton client d’ici quelques jours.» me lance un locataire de la place.
Je pris ses coordonnées et couru au bureau de notre directeur informatique. «On traitera ça en priorité demain Anne parce que présentement, on est sur une autre urgence.» me répondit-il. L’un de nos clients de Toronto venait de nous réclamer pour une réunion d’urgence à Montréal. À l’ordre du jour, un projet de refonte de l’un des plus populaires sites Internet de hockey. Quelque chose de vraiment majeur. Le rendez-vous avait été fixé pour le lendemain matin. Et nous n’étions pas prêts du tout.
Poussés par l’adrénaline, on travailla jusqu’à très tard en soirée sur le dossier. Ouf, mission accomplie. Nous allions finalement être prêts. Ou presque.
En route vers la maison, mon cellulaire se fit cependant entendre. Il était plus de 23 heures. «C’est une blague, n’est-ce pas? Tu n’es pas sérieux !» ne puis-je retenir. Le collègue qui avait le mandat de se présenter à ladite réunion n’était maintenant plus disponible pour des raisons personnelles. Je dus prendre la relève. Et quittai donc le soir même en direction de la métropole.
Au retour, le surlendemain, encore le téléphone. Cette fois, en pleine nuit, (ce qui fit quelque peu bondir mon cœur). «C’est pour vous signaler qu’il y a présentement infraction à vos bureaux.», dit une voix.
Vite dans la voiture. Arrivée sur les lieux, tout semble normal. Fausse alerte, avancent les policiers. Pas tout à fait. Nos réseaux ont été endommagés.
Arrive enfin vendredi. Journée tranquille en perspective: il ne me reste qu’un aller-retour à faire pour rencontrer un client à Chicago.
Le vol de retour est retardé. En appelant le bureau, mon adjointe annonce: on vient de perdre un mandat, une lettre de démission a été déposée sur ton bureau, et le fameux «hacker» rencontré dans le hall d’entrée a laissé un autre message.
«Bon, on verra ça lundi!» lançais-je presque sans voix en raccrochant.
Morale de l’histoire?
C’est ainsi que se termina la semaine. Et c’est aussi ainsi que reprirent les suivantes.
Être en affaires comporte son lot de journées exigeantes et bon nombre de situations imprévues. Dès que l’on en termine une, il faut savoir qu’une autre, tout aussi prenante, risque de nous attendre dès le lendemain. Un entrepreneur doit nécessairement avoir la capacité de les absorber et de gérer le tout avec persévérance et ténacité. Les «jour de la marmotte» sont bien réels. Ils font partie de toutes les histoires entrepreneuriales. Bonne semaine!
Femmes d’affaires et affaires de femmes, c’est une tribune pour vous!
Je vous remercie de partager avec moi vos rêves, vos ambitions, vos anecdotes stimulantes, vos succès, vos inquiétudes, etc. Vos courriels sont nombreux et vos histoires m’intéressent.
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