L'attitude détermine l'altitude
Anne Marcotte
Il s'appelle Ramon et il a 30 ans. Qu'a-t-il que nous n'avons pas toujours? Une attitude irréprochable.
Ce jeune homme travaille de 12 à 13 heures par jour, fait des semaines de sept jours et ne gagne que 400 $ par mois. Pas exactement le genre de travail qui nous fait nous lever du bon pied chaque matin. Sa courtoisie inébranlable et son sourire ont cependant attiré mon attention dès mon arrivée au restaurant de ce complexe hôtelier en République dominicaine.
En l'observant, je me suis rappelé un événement marquant de ma carrière.
J'étais dans une phase ascendante. Mon patron m'avait confié la direction des ventes de l'entreprise. Je prenais la fonction très à coeur et je m'étais fixé d'ambitieux objectifs.
Un jour, j'ai rencontré un client qui représentait un fort potentiel. Je l'avais dans ma mire depuis des mois. Et je tenais absolument à développer une relation d'affaires avec lui.
Lors d'une réunion, j'ai cru comprendre que les budgets de ce client n'étaient pas aussi importants que ce que j'avais initialement anticipé. Mais l'occasion d'affaires demeurait tout de même très intéressante. Je me suis alors affairée à bâtir une proposition avec un budget plutôt modeste.
Pas d'accord
Mon patron, lui, n'était pas du tout d'accord avec cette approche. Il décida de refaire la soumission au complet en offrant une solution haut de gamme. Solution qui impliquait que mon client investisse cinq fois plus d'argent que l'offre que je désirais déposer initialement !
La démarche de mon patron me mit complètement hors de moi. Mais ce n'était rien par rapport à ce qui allait venir.
Le jour suivant, le client m'apprit que notre proposition n'avait pas été retenue. «Trop cher», dit-il.
D'un pas peu gracieux, je me dirigeai vers le bureau de mon employeur. Sans même cogner à sa porte, j'entrai et, sur un ton directif, je lui annonçai qu'à titre de responsable des ventes, je n'accepterais plus jamais qu'il intervienne de quelque manière que ce soit dans les soumissions de mes clients. Sans prendre le temps d'écouter ce qu'il avait à me dire, je refermai la porte. En la claquant !
Le lendemain de la veille...
Le jour suivant, je revins au bureau. Le patron m'y attendait. «J'ai fondé cette entreprise et jusqu'à nouvel ordre, je la dirige. J'en suis le seul actionnaire. À mes yeux, il n'y a aucune compétence exceptionnelle ou talent assez extraordinaire qui peut permettre à un individu d'adopter l'attitude que tu as eue hier. Cela ne représente aucunement un actif pour une société». Le message passé, il retourna dans son bureau et ferma la porte.
Il avait raison
Je sentis alors que la foudre venait de me frapper de plein fouet. Révélation. Mon patron avait totalement raison.
Fondamentalement, j'étais de bonne foi. Et même si mon objectif de vouloir ajouter un client de plus dans le carnet de commandes de l'entreprise demeurait légitime, cela ne m'octroyait pas tous les droits. Surtout pas celui d'imposer à mon employeur une telle attitude, loin d'être la bonne.
Quelques minutes plus tard, je me dis que l'erreur était humaine. Tout comme la volonté d'accomplir mes objectifs ambitieux. Alors, je décidai de présenter des excuses. Elles furent acceptées instantanément. Il n'est jamais trop tard pour bien faire.
Ce que j'ai retenu
Ramon sait pertinemment qu'en adoptant une bonne attitude, il a la chance de gagner plus. Beaucoup plus. Grâce aux pourboires des clients heureux d'avoir été bien servis, il prend de l'altitude. De mon côté, la piètre attitude que j'avais eue, cette fois-là, aurait pu me faire perdre gros. Moi qui étais pourtant une employée dévouée et en pleine ascension.
Peu importe ce qui nous anime dans notre vie, l'attitude détermine l'altitude. Mais il est aussi vrai de dire que l'altitude ne devrait jamais nous éloigner d'une bonne attitude.
Anne Marcotte est présidente Vivemtia et peut être jointe à anne.marcotte@vivemtia.ca


