La petite flamme
On a tous déjà entendu qu'il est important d'entretenir la flamme en amour. Mais en affaires, c'est plutôt la flamme qui entretient, jour après jour, l'entrepreneur dans son parcours. Elle anime et stimule continuellement le désir que l'on a de réussir ce qu'on a décidé d'entreprendre.
Souvent, il m'est arrivé de vivre des situations difficiles et d'avoir envie de tout lâcher. Combien de fois me suis-je couchée, complètement exténuée, en me demandant où j'allais trouver l'énergie nécessaire pour continuer le lendemain.
L' interrogation durait généralement... 8-9 heures.
Je m'endormais avec elle. Et le matin venu, la flamme s'était rallumée. Ma tête se remplissait alors d'idées. J'avais pratiquement oublié les mauvaises passes de la veille. Je me sentais prête à attaquer une autre journée et à relever le défi.
Jusqu'à ce jour. Ce matin-là, malgré des efforts inhabituels, la flamme ne se ralluma pas. Ni le lendemain. Ni les jours suivants.
L'enthousiasme et cette persévérance, qui m'avaient toujours amené tôt au bureau et ramené tard à la maison, s'étaient envolés. Tout était devenu lourd. J'avais l'impression d'avoir fait tout ce que je voulais. Il y avait de gros contrats potentiels, mais, bon, pas mal semblables aux autres gros contrats du passé. J'avais l'impression de retomber dans le même cycle. Bref, d'avoir fait le tour du jardin.
Quand le coeur n'y est plus
Comment peut-on demeurer entièrement fonctionnel, efficace et dévoué lorsqu'on a perdu la passion de ce que l'on fait? Quand on ne trouve plus la motivation nécessaire pour accomplir pleinement son travail. Est-ce qu'on peut ignorer la situation? Faire semblant et jouer le jeu, comme si rien n'était? Être hypocrite et se mentir à soi-même. Lorsque ma petite flamme s'est éteinte, j'avais l'impression que seul mon corps entrait au bureau. Mon coeur n'y était plus.
Je savais que cela entraînerait très bientôt des conséquences importantes pour toute l'organisation. Il fallait que je sois à la hauteur de la situation et inspirante comme dirigeante.
J'ai d'abord repoussé l'idée avec force. Impossible voyons. Puis, les semaines passant, j'en suis venue à ce pénible constat : le temps était venu pour moi de quitter l'entreprise que j'avais fondée.
Retrouver ce qu'on a perdu
J'ai vécu un réel chamboulement. Plusieurs semaines d'interrogatoires et de contre-interrogatoires, de remises en question. Où vais-je? Ai-je vraiment bien fait? Je n'ai plus le goût, mais en suis-je vraiment sûre?
Cette dernière question particulièrement. Paradoxale dans son essence, elle ne quittait jamais mon esprit. Alors que je lâchais tout, j'avais aussi envie que tout reparte de plus belle.
Je finis par comprendre que j'avais envi que mon cheminement entrepreneurial reparte, mais dans un univers différent. Du moment où j'en pris pleinement conscience, je la sentis revenir. La petite flamme s'était remise à brûler. Et elle m'invitait, avec acharnement, à identifier et entreprendre mes nouveaux projets d'affaires.
Quoi retenir?
Si on sent que notre petite flamme s'est éteinte, il faut probablement chercher à identifier les causes pour voir s'il est possible de la raviver. Voir en fait si, au souvenir des motivations et passions qui nous animaient, elle a envie de se rallumer. Sinon, il vaut peut-être mieux se résigner à quitter et prendre la chance d'explorer de nouveaux univers. Il est à mon sens contre nature pour un entrepreneur de se retrouver dans une situation de demi-mesure.
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À la semaine prochaine. anne.marcotte@vivemtia.ca
*Anne Marcotte est présidente de Vivemtia


