Le vendredi 10 février 2012

Osez faire la différence

19 novembre 2007 | 06h50
ARGENT 
 Photo © ARGENT

Anne Marcotte

« Qu'est-ce que ça prend pour partir et réussir en affaires? ». Vous avez été quelques-unes, ces dernières semaines, à m’adresser la question? Réponse : pas nécessairement ce que vous pensez…!

Je n'avais ni argent, ni grand diplôme. Nouvellement sans emploi, je ne pouvais pas honorer longtemps les nombreux paiements qui m'attendaient à la fin du mois. Et je n'avais pas de conjoint pour m'épauler temporairement dans cette impasse. Quels actifs me restaient-il? Avec quoi allais-je démarrer une compagnie?

De l'audace entrepreneuriale

J'ai décidé que j'allais devenir mon meilleur atout, mon meilleur actif avec mes forces et mes faiblesses, mes qualités et mes défauts. Inexpérimentée, je me suis lancée en affaires dans un secteur d'avenir, le multimédia. Et, je me suis mise à oser, sans retenue et avec conviction, afin de tenter de saisir des opportunités. Mon premier geste significatif, en termes d'audace entrepreneuriale, fut de convaincre un client de nous confier un mandat même si nous n'avions ni local, ni équipements de production.

Il en fallait de l'audace (certains diront du culot!) pour se présenter ainsi devant un client. Et pourtant, la vente réussit.

Vous vous demandez sans doute : «Mais qu'est-ce que pouvait bien acheter ce client dans de telles circonstances? ». En bonne partie de la passion et de la détermination. C’était mes principaux éléments positifs de différenciation. Cette personne était réceptive aux gens audacieux. Il faut dire que j’étais convaincue et que je fus convaincante (j’avais tellement besoin de ce contrat!). Et cette personne avait rapidement compris qu'on ne trahirait pas sa confiance.

Pas un sens unique

De toute évidence, je ne fus pas la seule à avoir de l'audace. Le client en avait lui aussi. Il eut le courage de prendre le risque de travailler avec une compagnie qui allait démarrer avec son contrat. Il aurait évidemment pu choisir de dormir sur ses deux oreilles, bien calmement, en confiant le mandat à une entreprise déjà établie.

Est-ce qu'il a été gagnant?

Oui. Nous avons livré à temps et il a bénéficié d’un excellent rapport qualité-prix.

Mais le plus important, c’est que nous avons, lui et moi, développé une relation qui est allée bien au-delà d'une interaction client-fournisseur. Il est devenu un ami, une personne-ressource. Il a été un témoin omniprésent de l’évolution de notre entreprise. Claude a été un élément déclencheur dans mon aventure entrepreneuriale. Et, nul doute possible, il a fait la différence.

Morale de l'histoire?

Entreprendre, c’est oser faire la différence. La différence pour soi et pour la collectivité. Vous avez envie d'oser et d’aller de l'avant avec vos projets, vos ambitions? Allez-y, foncez ! Cessez de vous interroger sur ce que ça prend pour partir et réussir en affaires. Pas besoin de rassembler nécessairement toutes les conditions gagnantes. Vous risqueriez de perdre des opportunités. Utilisez-vous, devenez votre meilleur atout, votre plus bel actif ! Structurez stratégiquement votre audace et utilisez-là intelligemment. Cela vous aidera à vous distinguer. Repérez et identifiez les « Claude » de ce monde. Ces gens ont de l’ouverture d’esprit et sont déjà contaminés par l’audace. Personnalisez votre offre avec votre passion et vos convictions. Soyez vraie, authentique, convaincue et vous serez convaincante. Et surtout, demeurez toujours à la hauteur de vos représentations.

Femmes d’affaires et affaires de femmes, c’est une tribune pour vous!

Je vous remercie de partager avec moi vos rêves, vos ambitions, vos anecdotes stimulantes, vos succès, vos inquiétudes, etc. Vos courriels sont nombreux et toujours intéressants. À la semaine prochaine.

anne.marcotte@vivemtia.ca

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