Le vendredi 10 février 2012

Mega Brands espère un retour à la rentabilité avec une infusion de 75 millions $

19 août 2008 | 19h07
ARGENT 
 © Corbis

Sylvain Larocque
La Presse Canadienne

La lumière est visible au bout du tunnel, a martelé mardi le fabricant de jouets Mega Brands (MB) en déclarant une perte nette et une baisse de ses ventes au deuxième trimestre.

Le marché y a cru, du moins dans une certaine mesure: l'action de l'entreprise a grimpé de 9,4 pour cent pour clôturer à 2,90 $, à la Bourse de Toronto. Le titre a perdu plus de 80 pour cent de sa valeur en un an.

La perte nette de la période terminée le 30 juin s'est élevée à 3,6 millions $ US (10 cents US par action), alors qu'un an auparavant, un bénéfice net de 4 millions $ US (12 cents US par action) avait été enregistré.

Le chiffre d'affaires a pour sa part reculé de 12,4 pour cent pour s'établir à 106,4 millions $ US.

Au cours de la téléconférence avec les analystes financiers, le président et chef de la direction de Mega Brands, Marc Bertrand, a surtout attribué la baisse des ventes à une moindre popularité des jouets pour garçons de cinq ans et plus. Le fabricant a perdu des parts de marché.

Les investisseurs ont aussi bien réagi à la clôture du placement privé de 75 millions $ de débentures convertibles qui doit aider Mega Brands à combler un grave manque de liquidités.

«Nous sommes très conscients que plusieurs de nos actionnaires actuels ne sont pas heureux de voir leur actionnariat ainsi dilué, mais vu la détérioration de nos liquidités, je peux affirmer sans réserve qu'il s'agissait de la meilleure solution», a déclaré M. Bertrand.

«Les dernière semaines ont été très difficiles, a-t-il convenu. Les conjectures et les rumeurs ont créé un nuage au-dessus de notre entreprise. (...) Des jours meilleurs s'en viennent.»

Le grand patron a souligné que contrairement à l'année dernière, les nouveaux produits n'ont pas été lancés pendant les six premiers mois de l'exercice; ils le seront plutôt d'ici les Fêtes. L'entreprise mise beaucoup sur le MagNext, le nouveau jouet avec aimants qui doit remplacer le Magnetix, à l'origine de plusieurs rappels de sécurité au cours des derniers mois.

L'entreprise continue de chercher un repreneur pour sa division de papeterie, qu'elle a jugée non essentielle à ses activités. Les acheteurs potentiels attendent de connaître les résultats des ventes de la rentrée avant de tirer sur la gâchette, a expliqué Marc Bertrand.

Le retard qu'a pris cette transaction annoncée il y a plusieurs mois a eu des contrecoups négatifs jusqu'en Chine: les fournisseurs de Mega Brands là-bas s'en sont inquiétés et ont demandé davantage de garanties sur la solidité financière de l'entreprise.

Mega Brands est actuellement à réexaminer sa chaîne d'approvisionnement et n'exclut pas de rapatrier de la production dans ses installations montréalaises.

De plus, des mesures en voie d'être mises en oeuvre procureront des économies annualisées de 12 millions $ dès le troisième trimestre, a précisé M. Bertrand.

L'entreprise a par ailleurs indiqué mardi qu'elle recevrait une somme de 9,3 millions $ de ses assureurs dans la foulée des rappels de jouets comportant des aimants, que certains enfants ont avalés. Le montant sera comptabilisé au troisième trimestre. Mega Brands a souligné que ses assureurs lui avaient remboursé la quasi-totalité du règlement de 13,5 millions $ qu'elle a versé dans ce dossier en 2006.

«Le long chemin vers la rédemption commence aujourd'hui», a commenté l'analyste Benoit Caron, de la Financière Banque Nationale.

«Mais nous n'aurons pas une bonne idée du potentiel de redressement avant la fin de 2009 au moins», a-t-il ajouté.

Les plus populaires