Le samedi 11 février 2012

Wall Street sur le qui-vive

15 septembre 2008 | 07h03
ARGENT 
 

ARGENT

Trois nouvelles d'importance secouent ce matin le milieu financier. Alors que la banque d’investissements Lehman Brothers (LEH) a demandé d’être placée sous la protection de la loi américaine sur la faillite, Bank of America (BAC) rachète Merrill Lynch (MER) pour environ 50G$ US.

Par ailleurs, l'assureur American International Group (AIG) en difficulté a lancé un appel inédit à la Réserve fédérale pour lui demander un prêt à court terme de 40G$ US, rapporte le New York Times.

Lehman Brothers

Lehman Brothers, placée dimanche sous la protection du Chapitre 11 de la loi sur les faillites, est la plus importante faillite de Wall Street depuis le scandale du spécialiste des junk bonds Drexel Burnham Lambert en 1990, souligne l’agence Reuters.

Plombée par quelque 60G$ US d'avoirs immobiliers dans un secteur en crise, l'institution vieille de 158 ans et quatrième banque d'investissement du pays a été incapable de trouver un partenaire financier pour la sauver.

Lehman Brothers a précisé dans un communiqué qu'elle étudiait la possibilité de céder ses opérations de courtage et était en «discussion avancée» pour la revente de son unité de gestion d'investissement.

La disparition d'une banque de cette importance risque de perturber les marchés à l'échelle mondiale. Alors que les perspectives de survie de Lehman Brothers apparaissaient faibles dimanche, des banques américaines et étrangères s'étaient pourtant réunies pour tenter de mettre en place un projet qui protégerait le système financier global de la possible faillite de cet acteur financier.

Cette réunion avait l'aval du Trésor américain et de la Réserve fédérale disposés à faire un effort supplémentaire en prêtant à titre d'urgence aux établissements bancaires en difficulté. Toutefois, le secrétaire au Trésor Henry Paulson avait souligné que le gouvernement américain n’injecterait pas de fonds pour sauver Lehman.

Ce groupe de banques mondiales a présenté un fonds de garantie de 70G$ US qui doit permettre aux établissements financiers de surmonter la crise de crédit qui menace les marchés.

Les dix banques, parmi lesquelles figurent les américaines JP Morgan Chase et Goldman Sachs ont précisé qu'elles débloquaient chacune 7G$ US pour approvisionner ce pot commun.

Bank of America

En même temps, la première banque américaine en termes de dépôts, Bank of America, acceptait de racheter la banque d'investissement Merrill Lynch pour environ 50G$ US, sauvant ainsi la première maison de courtage du monde de la faillite, a annoncé une personne proche des négociations.

La banque de Charlotte, Caroline du Nord, détient le plus grand nombre de comptes de dépôt des États-Unis. La combinaison des deux numéros un de leur spécialité donne naissance à un nouveau géant bancaire, en mesure de rivaliser avec la première banque des États-Unis par sa capitalisation boursière, Citicorp.

AIG Enfin, AIG, qui était jusqu'à il y a peu le numéro un mondial de l'assurance en terme de capitalisation boursière, tente de mettre sur pied un plan d'urgence alors que son cours de Bourse a chuté de près de 50% la semaine dernière.

Le marché craint une crise de liquidité chez l'assureur et les agences de notation ont menacé d'abaisser la notation d'AIG lundi matin. D'où le recours à la Fed alors que, en principe, la Fed supervise la politique monétaire et le système bancaire, mais, précise la chaîne CNBC, AIG demande les fonds comme mesure temporaire et prévoit de les rembourser grâce au produit de ventes d'actifs, souligne l’agence Reuters.

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