Le samedi 7 novembre 2009

Le cas Stanstead

10 novembre 2007 | 04h00
ARGENT 
 

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Les résidants de Stanstead n’ont pas tous déserté le seul supermarché de la place, un IGA, au profit des enseignes américaines situées à moins de 10 minutes de voiture. Mais le propriétaire du commerce admet que l’avenir lui fait peur.

André Roy affirme que son supermarché, établi à deux kilomètres de la frontière, n’a pas « encore vécu l’impact du dollar canadien ». Ses ventes se seraient même améliorées au cours de la dernière année.

Mais l’homme d’affaires, qui œuvre dans le domaine de l’alimentation depuis 1975, craint que le dollar canadien ne monte encore et finisse par atteindre 1,20 $ US. « C’est apeurant », a-t-il confié au Journal à quelques reprises. « Je serais menteur si je disais que ce n’est pas possible que le dollar finisse par avoir un impact », ajoute celui qui a vu sa clientèle diminuer de façon importante en 1978-1980, au moment où le dollar était presque à parité.

Même si ses ventes se maintiennent, André Roy se rend régulièrement au Vermont pour aller voir les prix de ses deux principaux concurrents, Price Chopper et Shaws. Ces supermarchés sont situés à Derby, à cinq milles de la frontière.

Comparer les circulaires
Il en profite alors pour rapporter des circulaires qu’il fait parvenir au bureau d’IGA à Montréal. « Ça leur permet de comparer les prix, ça leur donne des idées », explique-t-il.

En feuilletant ces circulaires avec nous, André Roy fait valoir que « les céréales ne sont pas meilleur marché » au Vermont, ni les boissons gazeuses, ni les tomates fraîches. Par contre, il y a des économies à faire sur les œufs et le lait, convient-il. Et avec le dollar à 1,07 $ US, les résidants de Stanstead ne se priveront pas d’aller en acheter aux États-Unis. Le marchand IGA en est bien conscient. Il soutient néanmoins qu’il ne peut pas baisser davantage le prix de ses cartons de lait.

« On est déjà en bas du prix minimum (fixé par le gouvernement). Il y a une guerre entre les chaînes d’alimentation », relate-t-il.

Pour tous les autres articles, comme le jus d’orange Tropicana importé de Floride, pas moyen non plus de s’ajuster sur le prix américain… car « c’est IGA qui fixe les prix ».

De toute façon, fait valoir André Roy, ce serait impossible pour les supermarchés québécois de réduire davantage leurs marges. « On fait 1,5 % de profit… quand on est bon. Aux États-Unis, c’est plus élevé, peut-être 3 %. »

Spéciaux spectaculaires
Cette différence permet aux épiceries américaines comme Price Chopper et Shaws d’offrir des spéciaux très alléchants comme des articles à 10 pour 10 $. Cette semaine, les barres de savon Dove (89 g), la boisson Gatorade (32 oz), les puddings Snack Pack (4 unités), le savon à vaisselle Palmolive (13 oz), les raviolis Chef Boyardee et le fromage à la crème (8 oz) sont offerts à ce prix.

L’autre promotion récurrente, « buy one, get one free », permet aux clients d’obtenir des articles gratuits tels que des sacs de croustilles Lays, des boîtes de céréales Life ou des paquets de bacon.

« Il faut faire attention pour ne pas comparer des prix en solde et des prix réguliers », insiste André Roy.

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