Affaires
Retraite des cadres : Charest injectera au moins 60M$
Agence QMI
Pour leur éviter une importante hausse de cotisation, le gouvernement Charest injectera un minimum de 60 millions $ supplémentaires dans le régime de retraites de ses 28 000 cadres.
La présidente du Conseil du trésor, Michelle Courchesne, convient qu'il s'agit d'une « question délicate », alors qu'une majorité de Québécois ne profitent d'aucun régime de retraite, mais elle soutient avoir arraché un compromis raisonnable aux cadres de l'État.
Parce que le gouvernement pompera au moins 60 millions $ sur cinq ans afin de renflouer le Régime de retraite du personnel d'encadrement (RRPE), les hauts fonctionnaires n'auront pas à absorber une hausse de leur taux de cotisation qui aurait atteint 17 % en 2022.
En contrepartie, les cadres ont accepté de modifier leur régime de bénéfices.
Le délai pour avoir accès à l'ensemble des avantages du RRPE passe de deux ans à sept ans.
De plus, les membres devront patienter un an de plus avant de partir à la retraite, la combinaison de leur âge et leurs années d'expérience devant désormais atteindre un total de 90.
Selon Mme Courchesne, la pression sur le régime déficitaire, notamment en raison de la débâcle des marchés boursiers de 2008, commandait une intervention rapide du gouvernement pour le stabiliser.
Elle affirme que Québec devait agir pour empêcher qu'une hausse de cotisation laisse moins d'argent dans les poches des cadres, et les incite à quitter pour le secteur privé.
« Il y a une limite au niveau de cotisation qui peut être absorbé par nos cadres, parce qu'il y a un enjeu de rétention et d'attraction », a indiqué la présidente du Conseil du trésor, selon qui le gouvernement vit un problème de pénurie de main-d'œuvre comme les autres employeurs.
Est-ce que le type d'entente intervenue avec les cadres pourrait paver la voie à une modernisation du régime de retraite des employés de la fonction publique (RREGOP)?
« Il est trop tôt pour le dire », a répliqué Michelle Courchesne, rappelant qu'un comité consultatif a été formé par sa collègue de l'Emploi, Julie Boulet, afin d'identifier des pistes de solution qui assureraient la pérennité du régime.
Celle qui tient les cordons de la bourse de l'État précise que la situation du régime des cadres ne permettait pas d'attendre les conclusions du comité présidé par l'ex-président du Mouvement Desjardins, Alban D'Amours.
« Nous, on devait agir plus rapidement, parce que la situation était plus pressante. Et pour moi, c'était tout à fait justifié et raisonnable de vouloir stabiliser le taux de cotisation », a-t-elle conclu.



