De l'électricité qui coûtera cher à Hydro-Québec
Le Journal de Montréal
Hydro-Québec pourrait acheter l'électricité produite par ces futures éoliennes mohawks deux fois plus cher qu'elle ne vend l'électricité à nos voisins du Sud.
Au début du mois, la société d'État a conclu une entente d'approvisionnement d'une durée de 26 ans avec les deux principales entreprises d'électricité du Vermont.
Hydro-Québec a convenu de leur vendre l'électricité 6 cents du kilowattheure.
Or, le prix de l'électricité produite par les éoliennes des projets «communautaires» et «autochtones» qui seront retenus par Hydro-Québec pourrait atteindre 12,5 cents du kilowattheure, selon les termes d'un décret gouvernemental.
Les Mohawks de Kahnawake refusent de chiffrer les profits auxquels ils s'attendent avec leur projet, mais des estimations publiées dans un média autochtone indiquent qu'ils pourraient totaliser 40 M$ en 20 ans.
Invité à expliquer la «logique économique» justifiant qu'Hydro-Québec puisse payer un kilowattheure d'énergie éolienne deux fois plus cher qu'un kilowattheure d'électricité vendu aux États-Unis, la société d'État a affirmé que l'on ne pouvait pas effectuer une telle comparaison.
«Ce sont deux contrats différents et on ne peut pas les comparer», a répété le porte-parole d'Hydro-Québec, Guy Litalien. Il rappelle que la société d'État «opère dans un cadre législatif et réglementaire» et que c'est le gouvernement qui a déterminé les règles des appels d'offres.
«Nous, on a deux rôles à jouer, dit M. Litalien. C'est d'abord d'acheter de l'énergie à partir de la production éolienne, par appels d'offres, et ensuite d'intégrer cette production au réseau d'Hydro-Québec.»
Début de processus
Le porte-parole insiste sur le fait que le projet déposé par les Mohawks de Kahnawake devra recevoir «un certificat d'autorisation» du gouvernement avant de pouvoir être retenu par la société d'État.
Le promoteur du projet, la firme TCI, ajoute que rien n'est encore réglé, même si le nombre de soumissions autochtones est relativement peu élevé par rapport à l'appel d'offres d'Hydro-Québec.
«On est encore au tout début du processus», dit le chargé du projet pour TCI, Stéphane Poirier.
* Les projets «communautaires» et «autochtones» constituent le «troisième appel d'offres» d'Hydro-Québec pour de l'énergie éolienne. L'électricité produite par les projets des «premier» et «deuxième» appels d'offres coûtait au départ 6,5 cents et 8,3 cents du kilowattheure, respectivement.
La municipalité de Saint- Cyprien-de-Napierville a adopté une résolution pour faire part de son mécontentement face au projet éolien des Mohawks de Kahnawake.
En voici des extraits :
> «En raison des considérations suivantes : [...]
> L'implantation d'éoliennes géantes en zone habitée est source d'effets néfastes pour la santé publique
> Les prix offerts pour l'achat de ces futures productions sont plus élevés que les prix auxquels Hydro-Québec pourra elle-même revendre cette électricité [...]
> Les projets communautaires autochtones ne sont pas soumis aux mêmes exigences que les autres projets et cela ne peut qu'alimenter les préjugés raciaux envers ces communautés
> Il a été résolu [...] d'aviser Hydro- Québec que la municipalité de Saint-Cyprien-de-Napierville n'est nullement favorable à la venue d'un tel projet éolien sur son territoire.»

